Économie

Le CESE recommande le renforcement de la gouvernance intégrée et du cadre institutionnel de la biodiversité

Dpress

Le Conseil Économique Social et Environnemental (CESE) a recommandé le renforcement de la gouvernance intégrée et du cadre institutionnel de la biodiversité au Maroc, lors d’une rencontre de communication organisée mercredi à Rabat, dédiée à la restitution de son avis consacré au thème “la biodiversité au Maroc : pour une gouvernance renouvelée au service d’un développement territorial durable”.

S’exprimant à cette occasion, le président du CESE, Abdelkader Amara, a relevé que le Conseil recommande l’adoption d’une loi-cadre dédiée à la biodiversité visant à consacrer la Stratégie et le Plan d’action nationaux pour la biodiversité (SPANB), comme cadre référentiel opposable de l’action publique, tout en assurant la cohérence des politiques sectorielles, des plans, programmes et mécanismes d’investissement avec ses objectifs, cibles de résultats et indicateurs.

Aussi, il a insisté sur l’importance de rehausser le statut de la Commission nationale du changement climatique et de la biodiversité, en la rattachant au Département du chef du gouvernement, afin de l’ériger en instance de pilotage stratégique et d’arbitrage intersectoriel, chargée de veiller à la cohérence des politiques publiques avec les engagements nationaux et internationaux du Royaume en matière de biodiversité et de climat.

M. Amara a passé en revue les principales conclusions ainsi que les insuffisances liées à la protection, la valorisation et la restauration de la biodiversité, notant que la gouvernance de la biodiversité demeure marquée par des logiques de gestion en silos, limitant son intégration transversale dans les politiques publiques.

La coordination entre les secteurs concernés reste encore, selon lui, très perfectible, avec des articulations limitées entre les politiques agricoles, hydriques, environnementales, territoriales et financières.

Partant de ce diagnostic, il a expliqué que la biodiversité doit être consacrée comme un pilier structurant de la souveraineté nationale et du modèle de développement du Royaume, et doit être instituée en tant que capital naturel stratégique intégré dans les politiques publiques, afin de renforcer la résilience des territoires, soutenir un développement durable et favoriser la création d’emplois pérennes, notamment dans les filières de l’économie verte et bleue ainsi que dans l’écotourisme.

Le président du CESE a rappelé que les composantes de la biodiversité constituent un facteur essentiel d’équilibre entre les territoires et de réduction des disparités interrégionales, pointant du doigt les pressions accrues et complexes auxquelles fait face le patrimoine naturel globalement, en raison du recul des habitats naturels causé par l’étalement urbain, la surexploitation des ressources, la pollution et les impacts du changement climatique.

Ces pressions, a-t-il averti, accumulent leurs effets pour entraîner une dégradation accélérée des sols, une aggravation du stress hydrique et une fragilisation des écosystèmes agricoles, forestiers, pastoraux, marins et oasiens.

Pour sa part, le membre du Conseil et rapporteur du thème, Abderrahim Ksiri, a présenté un exposé sur l’avis du Conseil, mettant en relief la dynamique d’évolution de la prise de conscience quant à l’importance de la biodiversité et de sa valeur économique et sociale en tant qu’enjeu stratégique.

Il a, dans ce sens, alerté sur l’érosion accélérée du capital naturel au Maroc, plusieurs écosystèmes stratégiques approchant des seuils critiques de dégradation sous l’effet des pressions et des menaces qui les guettent.

M. Ksiri a également fait état d’un déficit écologique structurel, l’empreinte écologique du Maroc atteignant 1,77 alors que la biocapacité disponible ne dépasse pas 0,73, ce qui signifie que le niveau de consommation des ressources et des services dépasse de plus de 2,4 fois la capacité des écosystèmes nationaux à se régénérer.

Il a ensuite énuméré les pertes liées à la dégradation de la biodiversité ainsi que les enjeux et contraintes affectant l’efficacité de la gouvernance actuelle, précisant que le défi majeur réside dans la mise en œuvre effective et efficiente des stratégies ou des cadres de référence au niveau des territoires.

M. Ksiri a décliné les recommandations du Conseil autour de quatre axes complémentaires. Le premier concerne “la promotion d’une gouvernance intégrée et le renforcement du cadre institutionnel de la biodiversité”, alors que le deuxième s’articule autour de l’intégration de “la biodiversité dans les secteurs productifs et les territoires”.

Quant au troisième axe, il porte sur “la structuration et la réorientation du financement de la biodiversité vers la restauration et la durabilité”, tandis que le quatrième et dernier axe est dédié au “renforcement de la production de connaissances scientifiques et l’appropriation sociale de la biodiversité”.

La présentation de cet avis du CESE s’inscrit dans le cadre de la célébration par la communauté internationale de la Journée mondiale de la biodiversité (22 mai), visant à analyser les dynamiques d’évolution de la biodiversité au Maroc en mettant en lumière les facteurs structurels de sa dégradation et leurs interactions avec les dynamiques économiques et sociales, ainsi qu’avec l’architecture institutionnelle actuelle, tout en éclairant les enjeux que pose cette situation pour les trajectoires de développement national, particulièrement en matière de souveraineté alimentaire.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page