FICAM-2026 : Débat sur l’art de raconter en films d’animation

Dpress
L’art de raconter en courts métrages d’animation a été au cœur d’une rencontre organisée, lundi, dans le cadre de la 24ème édition du Festival International de Cinéma d’Animation de Meknès (FICAM).
Les réalisateurs Sandra Desmazières et Pierre-Luc Granjon ont partagé, dans le cadre de ce débat, leurs processus de création respectifs, deux univers distincts qui se rejoignent pour raconter des histoires dans des films d’animation.
Respectivement illustratrice et réalisatrice au trait délicat et précis et réalisateur adepte des techniques d’animation traditionnelles, Desmazières et Granjon sont revenus sur leurs visions en matière de création de film d’animation et leurs choix quant à la manière de construire une histoire.
“Oui, il y a certainement une différence entre le court-métrage et le long-métrage, mais le point commun reste le fait de raconter une histoire”, a confié Sandra Desmazières qui présente cinq courts-métrages lors du FICAM-2026.
“Pour un court métrage, on écrit un scénario plus court, avec une histoire souvent plus simple et plus condensée. Dans un long métrage, on prend davantage le temps de développer les personnages et les situations”, a indiqué à la MAP cette artiste qui travaille principalement en animation traditionnelle, au crayon sur papier, pour créer des univers personnels et sensibles.
Selon elle, “les histoires de super-héros fonctionnent toujours, auprès du jeune public tout comme les récits avec des animaux”. Sauf que, a nuancé la jeune artiste, un film d’animation peut aussi “parler de beaucoup d’autres sujets, même de sujets graves peuvent les intéresser, à condition qu’on leur montre les choses avec sensibilité”.
“J’espère qu’il y aura aussi des films qui aborderont d’autres thématiques en élargissant les horizons au-delà des seuls super-héros”, a-t-elle espéré.
Quant au réalisateur Pierre-Luc Granjon, il est revenu sur les spécificités de la technique de la stop-motion, une animation en volume consistant à animer des objets réels image par image.
La stop-motion avec marionnettes a toujours été un courant minoritaire dans le cinéma d’animation depuis les débuts du film d’animation (1904-1906), a-t-il expliqué, ajoutant que raconter était surtout, pour lui, une question de technique.
“Les ressorts narratifs restent les mêmes, le départ consiste toujours en l’écriture d’un scénario. Ce que ressent le spectateur peut être différent, mais l’histoire reste la même”, a détaillé ce magicien de l’écran d’épingles, dans une déclaration à la MAP.
“Je pense qu’il existe le même type d’écart entre un dessin animé classique et un film en volume, avec des marionnettes ou des sculptures”, a-t-il noté, se prononçant plutôt pour les méthodes traditionnelles que pour l’IA pour entretenir cette touche de sensibilité et d’humanisme à l’égard des personnages.
Habitué depuis des années du FICAM, il a dit “aimer beaucoup ce festival parce qu’il permet de rencontrer beaucoup de personnes dont des enfants et des étudiants d’écoles d’art”, le qualifiant de “très belle expérience”.
La 24ème édition du Festival International de Cinéma d’Animation de Meknès, placée sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI, est initiée sous le thème “La jeunesse fait son cinéma d’animation”. Elle met l’accent sur la jeune création et les nouveaux talents marocains de l’animation.
Au-delà des projections, les conférences du Forum du FICAM 2026 continuent de rassembler professionnels, créateurs, étudiants et passionnés autour des grands enjeux du cinéma d’animation.



