Art et Culture

SIEL: le numérique a transformé la structure de l’écriture littéraire

Dpress

Des écrivains et journalistes arabes ont été unanimes à souligner les marges de liberté et d’innovation qu’offre la révolution numérique dans les domaines de la littérature et de la presse, lors d’une rencontre organisée dans le cadre du Salon international de l’édition et du livre (SIEL).

A cette occasion, l’écrivain et chercheur Abdelwahab Rami, qui a modéré cette table ronde sur l’expérience de l’écriture dans les domaines de la presse et de la littérature à l’ère numérique, a indiqué que l’ère des genres hybrides semble avoir déjà dicté sa loi, où les frontières entre les différentes formes d’écritures s’estompent dès lors qu’elles se plient aux règles de l’édition numérique.

Pour la chercheuse égyptienne en médias, Racha Alam, la révolution technologique a accentué la pluralité et intensifié la concurrence pour capter l’attention du lecteur sur les réseaux sociaux, soulignant que dans le contexte actuel, il est impératif d’investir dans la formation technologique des journalistes à l’utilisation des nouveaux médias afin de de leur permettre de s’adapter à un environnement en constante mutation en matière d’écriture et de création.

Pour l’écrivain et journaliste Yassine Adnane, le passage du papier aux nouveaux médias n’est pas seulement un changement de support, mais s’inscrit au cœur même du processus d’écriture, du rythme et de son apport au temps, relevant que l’écriture sur les supports numériques est devenue plus superficielle dans la mesure où le monde virtuel ne permet pas la distance contemplative nécessaire face aux évènements.

Selon l’auteur de l’ouvrage “Hot Maroc”, la quête de l’information tend à menacer les finalités même de l’écriture, faisant état d’une nette tendance vers un mode hybride des genres, à mesure que se développe le “roman interactif”, forme nouvelle dans laquelle le lecteur devient lui-même partie prenante du processus d’écriture.

Alors que l’écrivaine jordanienne Haya Saleh constate que le texte fait partie d’une série “d’interactions qui garantissent sa survie”, son confrère Sayed Mahmoud relève que les institutions médiatiques de référence qui véhiculaient un discours hégémonique de grande ampleur ont perdu de leur influence.

Il a indiqué, à cette occasion, que le monde virtuel a conduit à l’effondrement de ces références, bien que la littérature, dans son sens classique et intemporel, reste inébranlable, car la transformation technologique n’a pas modifié les critères d’évaluation de la création littéraire.

Quant au journaliste Talha Jibril, il a affirmé que le point de convergence entre le journalisme et la littérature réside dans la narration, le journaliste étant le témoin de l’instant présent tandis que l’écrivain s’attache, pour sa part, à produire une valeur symbolique et esthétique.

Selon M. Jibril, l’ère numérique offre une nouvelle opportunité de renouveler le processus de l’écriture journalistique.

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