Les défis psychologiques liés à la fonction de préposé religieux au cœur d’un colloque à Casablanca

Dpress
Un colloque sous le thème “Les préposés religieux et l’équilibre psychologique : rôles et finalités”, a été organisé mardi à Casablanca, mettant en lumière l’importance de la santé mentale dans l’accomplissement des missions d’encadrement religieux et d’orientation sociétale.
Initiée à l’occasion de la Journée mondiale de la santé par le Centre de documentation et des activités culturelles relevant de la Délégation régionale des Affaires islamiques de Casablanca-Settat, en coordination avec la Fondation Mohammed VI pour la promotion des œuvres sociales des préposés religieux et le Conseil local des oulémas de Casablanca-Anfa, cette rencontre s’inscrit dans une démarche visant à renforcer les capacités des préposés religieux face aux défis psychologiques liés à leurs fonctions.
Le colloque a mis en exergue le rôle central du préposé religieux en tant qu’acteur de proximité, appelé à assurer des missions d’encadrement, d’écoute et de médiation au sein de la société, ce qui requiert un équilibre psychologique et une stabilité émotionnelle lui permettant d’accomplir ses responsabilités dans des conditions optimales.
Dans une déclaration à la MAP, la directrice du Centre de documentation et des activités culturelles, Safia Marzak, a souligné que cette initiative avait pour objectif d’aborder la santé mentale du préposé religieux sous un angle spécifique, lié à la nature des responsabilités qui lui incombent, relevant que “l’exercice quotidien de cette mission exige un niveau élevé de stabilité psychologique et émotionnelle”.
Elle a ajouté que cette rencontre a constitué un espace d’échange permettant d’explorer les complémentarités entre l’encadrement religieux et les approches psychologiques modernes, tout en mettant l’accent sur la nécessité de renforcer les mécanismes de prévention face aux pressions psychologiques auxquelles sont exposés les préposés religieux.
De son côté, le président du Conseil local des oulémas de Casablanca-Anfa, Hakim El Fadil El Idrissi, a affirmé que la santé mentale constitue un pilier fondamental pour garantir l’efficacité de l’encadrement religieux, soulignant que le préposé religieux, en tant que transmetteur du message religieux et acteur clé du processus de moralisation de la société, doit bénéficier d’un accompagnement lui permettant d’exercer ses fonctions dans les meilleures conditions.
Il a, en outre, relevé que cette dynamique s’inscrit dans le cadre des efforts déployés au Maroc pour promouvoir les valeurs de modération et d’équilibre, conformément aux orientations nationales en la matière.
Le psycho-sociologue Mohcine Benzakour a, pour sa part, mis en lumière les pressions sociales auxquelles font face les préposés religieux, ce qui génère des contraintes psychologiques importantes.
Il a expliqué que la santé mentale ne signifie pas l’absence de difficultés, mais la capacité à maintenir un équilibre personnel et professionnel, appelant à lever les tabous liés au recours à l’accompagnement psychologique et à considérer ce dernier comme un levier essentiel de soutien et de prévention.
Cette rencontre, encadrée par des spécialistes en psychologie, en sciences religieuses et en sciences sociales, a permis d’ouvrir un débat approfondi sur les mécanismes d’accompagnement et les outils susceptibles de renforcer la résilience psychologique des préposés religieux, contribuant ainsi à améliorer la qualité de leur action au service de la société.



