Une rencontre à Oujda jette la lumière sur les peines alternatives et la réinsertion socioprofessionnelle des détenus

Dpress
La 15e édition du programme «Université dans les prisons» a mis l’accent, dans le cadre sa session de printemps tenue mercredi à la prison locale d’Oujda, sur les peines alternatives et les enjeux de la réinsertion socioprofessionnelle des détenus.
Organisée sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI, à l’initiative de la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) et en partenariat avec l’Université Mohammed Premier d’Oujda, cette session vise à mettre en avant la dynamique renouvelée du système pénal du Royaume, et le passage de l’approche répressive traditionnelle à une philosophie pénale moderne qui place la réinsertion et l’humanisation de la peine au cœur de ses priorités.
Intervenant à cette occasion, le directeur de la prison locale d’Oujda, Saad Abdechafik, a expliqué que l’organisation de cette édition, à laquelle participent 65 détenus et détenues étudiants, s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des Hautes orientations royales visant la qualification des détenus et la facilitation de leur réinsertion, soulignant que ce programme constitue une étape essentielle pour valoriser le parcours scolaire des détenus en tant que citoyens actifs et respectueux de la loi.
De son côté, le Premier président de la Cour d’appel d’Oujda, Khalid Benkirane, a noté que la mise en application du chantier des peines alternatives nécessite une coordination étroite entre le pouvoir judiciaire, le ministère public et la DGAPR, ainsi qu’avec les institutions d’accueil des condamnés, mettant en avant l’importance d’un suivi quotidien pour garantir l’efficacité de ces mesures et assurer la sécurité judiciaire et l’équité sociale.
Dans ce même contexte, le Procureur général du Roi près la Cour d’appel d’Oujda, Mustapha Yartaoui, a souligné le rôle central du ministère public dans la mise en œuvre de ce système, que ce soit par le biais de la formulation des requêtes ou du suivi de l’exécution, précisant que la loi n° 43.22 relative aux peines alternatives garantit un équilibre entre la fonction dissuasive et les exigences de réinsertion, notamment au profit des groupes vulnérables, conformément aux engagements du Royaume en matière de droits de l’Homme.
Sur le plan académique, le professeur universitaire Abdelhak Kouirti a relevé, dans une déclaration à la MAP, que le passage aux peines alternatives est une nécessité dictée par les contraintes de gestion des établissements pénitentiaires et répond aux exigences de la justice réparatrice, tandis que le professeur Larbi Boubakri a estimé que ce cadre législatif constitue une «avancée majeure» qui consacre l’humanisation de la peine en en faisant un moyen de réinsertion et non de punition.
Cette session a été marquée par la signature de conventions de partenariat entre la prison locale d’Oujda, la Direction régionale de l’Entraide nationale de l’Oriental et la délégation régionale du Haut commissariat aux anciens résistants et anciens membres de l’Armée de libération, visant l’opérationnalisation de la peine de travail d’intérêt général et à traduire les textes juridiques en une pratique concrète sur le terrain.
Le programme de la rencontre comprenait également la remise de certificats aux détenus participants ayant suivi les ateliers de cette université, en reconnaissance de leurs efforts en matière de formation et de réinsertion, ainsi que la projection d’un film institutionnel sur les peines alternatives, et la présentation par le comité scientifique du rapport final du programme de cette session.
Figuraient aussi au programme de la manifestation, dont la séance inaugurale s’est déroulée en présence du wali de la région de l’Oriental, gouverneur de la préfecture d’Oujda-Angad, Mhamed Atfaoui, ainsi que des responsables judiciaires et sécuritaires, des élus et des acteurs de la défense des droits de l’homme, deux tables rondes consacrées respectivement à «la justice réparatrice et les fondements juridiques des peines alternatives», et «Les peines alternatives et les enjeux d’une réinsertion efficiente».



