Plaidoyer en faveur de la reconnaissance effective des actes de télémédecine par les organismes d’assurance maladie

Dpress
Les participants à un panel organisé dans le cadre d’une conférence internationale sous le thème « La politique de la santé au Maroc : concurrence, régulation et gouvernance à l’ère de la couverture sociale universelle », ont plaidé, mercredi à Marrakech, en faveur de la reconnaissance effective des actes de télémédecine par les organismes d’assurance maladie, afin de permettre aux patients de bénéficier d’une prise en charge financière au même titre que les consultations médicales réalisées en présentiel.
« Le développement de la télémédecine au Maroc passe par une meilleure prise en compte des actes médicaux réalisés à distance dans les dispositifs de couverture et de remboursement des soins », ont relevé les intervenants dans le cadre de cette plénière tenue sous le thème « l’offre médicale à l’aune de la télémédecine et de l’intelligence artificielle ».
Le remboursement des actes de télémédecine est considéré comme un levier susceptible de favoriser le recours à ces services, particulièrement pour les patients résidant dans les zones éloignées ou confrontés à des difficultés d’accès aux structures de santé, ont-ils ajouté, précisant que la prise en charge des consultations à distance permettrait notamment de réduire certains coûts liés aux déplacements et de faciliter l’accès à l’expertise médicale, tout en contribuant à améliorer la continuité des soins.
Intervenant à cette session, Zineb Drissi Kaitouni, fondatrice de « DabaDoc », plateforme numérique de gestion et d’optimisation en ligne des rendez-vous médicaux, a appelé à la mise en place d’un mécanisme de remboursement adapté, qui pourrait contribuer à structurer davantage l’offre de télémédecine et à encourager les établissements et les professionnels de santé à investir dans les outils numériques nécessaires.
« Le digital permettrait également de donner davantage de visibilité aux acteurs du secteur et de favoriser l’émergence de solutions répondant aux besoins spécifiques des patients, dans le respect des exigences de qualité et de sécurité des soins », a-t-elle ajouté.
De son côté, le président de l’association marocaine de télémédecine et eSanté, Hassan Ghazal, a indiqué que la reconnaissance du remboursement des actes de télémédecine est de nature à contribuer à la modernisation du système de santé et la réduction des inégalités territoriales d’accès aux soins, estimant que cette reconnaissance marque une étape décisive pour l’intégration du numérique dans le parcours de soins et permet aux patients, notamment ceux des zones rurales, enclavées ou éloignées des centres hospitaliers, de consulter un professionnel de santé sans parcourir de longues distances.
Pour sa part, Kaouthar Lbiati, administratrice indépendante au sein du Conseil d’administration de Theralase Technologies (Etats-Unis), a souligné que la généralisation de la couverture sanitaire est de nature à accroître la demande sur les soins, d’où la nécessité d’attirer davantage d’investisseurs privés dans ce secteur, et à créer un écosystème dynamique, ouvert et compétitif, sans que cela se fasse au détriment de l’innovation locale.
« Nous devons créer toutes les conditions permettant aux entreprises technologiques et aux start-up, de se développer et de rester compétitives sur le marché », a-t-elle dit à ce propos, relevant que les partenariats avec les investisseurs internationaux sont nécessaires pour le transfert de technologies et de savoir-faire.
Intervenant lors de la clôture de cette conférence, le président du Conseil de la concurrence, Ahmed Rahhou, a souligné que les échanges et les expériences internationales présentés lors de cette conférence constituent le début d’un processus appelé à favoriser une convergence des points de vue autour d’un objectif commun, à savoir la réussite de la généralisation de la couverture médicale au profit des citoyens et l’amélioration de la qualité des soins et des prestations offertes.
Dans ce cadre, il a affirmé que la télémédecine constitue un levier essentiel pour réduire les inégalités territoriales en matière de santé, mettant l’accent sur le rôle de la télémédecine dans l’accès aux compétences médicales spécialisées, notamment pour les populations vivant dans les régions éloignées.
Cette approche, a-t-il expliqué, devrait notamment profiter aux femmes et aux enfants, ainsi qu’aux patients confrontés à des difficultés de déplacement ou nécessitant un suivi médical régulier, plaidant en faveur du développement de centres et de dispositifs de télémédecine dans les régions éloignées, permettant de connecter les professionnels de santé locaux aux médecins et spécialistes disponibles à distance.
M.Rahhou a aussi insisté sur la nécessité de former non seulement les médecins, mais également l’ensemble des professionnels paramédicaux et des personnels de santé appelés à utiliser les nouveaux outils numériques, pour réaliser des examens à distance, comme l’échographie, ainsi qu’à l’interprétation d’analyses délocalisées.
Organisée par le Conseil de la concurrence, cette rencontre a offert l’occasion d’approfondir les discussions sur les défis liés à l’accès aux soins, à la répartition des dépenses entre les secteurs public et privé et à la soutenabilité financière du système de santé national.
La conférence a aussi constitué un espace de dialogue et d’échange d’expertises ayant permis d’examiner les modalités d’accompagnement de la réforme du système de santé par des cadres institutionnels et réglementaires adaptés, capables de répondre aux mutations du secteur et d’assurer un équilibre entre les exigences de l’intérêt général, l’efficience économique et la soutenabilité financière, dans le cadre d’un marché concurrentiel.



