Art et Culture

Fès : La 18è édition du Festival de la Culture Soufie met la poésie mystique à l’honneur

Dpress

La 18ème édition du Festival de Fès de la Culture Soufie se tiendra du 17 au 24 octobre sous le thème « La poésie mystique, élixir de guérison », avec une programmation réunissant concerts, rituels, rencontres intellectuelles et expériences artistiques autour de la spiritualité et de la quête de sens.

Placée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, cette édition entend faire de Fès un espace de rencontre entre les héritages spirituels du Maroc et les sagesses du monde, à travers une programmation qui explore le rôle de la poésie et de la beauté  »dans un monde marqué par les blessures et les épreuves ».

Ville de savoir et de transmission, Fès constitue l’ancrage de cette manifestation, en raison notamment de son patrimoine spirituel fondé sur une conception de la connaissance associant l’intelligence à l’éthique et la quête de la beauté à celle du sens, selon un communiqué de l’Association du Festival de Fès de la Culture Soufie.

Le concert inaugural, prévu le 17 octobre à Bab El Makina sous le titre « Chemins de l’amour spirituel », ouvrira cette édition avec les chants et la hadra arabo-andalous de la tradition harrâqie, avec la participation de Nabyla Maan.

Tout au long de la semaine, les soirées de samâ‘, ou écoute spirituelle, mettront à l’honneur les traditions des tariqas Qadiriya Boutchichiya, Charqawiya, Ouazzaniya, Rissouniya et Sqalliya, illustrant la richesse des voies soufies marocaines et la vitalité de leur transmission.

La programmation s’ouvrira également sur différentes traditions musicales du monde. Le 18 octobre, Shuaïb Aftab Qawwal fera entendre le chant soufi du Pakistan à travers un hommage au poète et philosophe Mohammed Iqbal, tandis que le 21 octobre, Ustad Wasifuddin Dagar présentera « Le souffle de l’éternité », consacré au chant ancestral dhrupad de l’Inde du Nord.

Le 23 octobre, Daoud Konaté, de Côte d’Ivoire, et Enris Qinami, d’Albanie, feront résonner leurs chants spirituels à Jnan Sbil, avant la création « Voyage d’Orient vers l’Occident » avec la participation de Marouane Hajji.

D’autres rencontres artistiques sont également au programme, notamment une création de Tristan Driessens et Luthopia, avec Arianna Savall au chant et à la harpe, inspirée des chants mystiques d’Hildegard von Bingen, ainsi que « Ibn al-Khatîb et la Cité de l’amour », avec Françoise Atlan et Kamal Hafid.

Le 22 octobre, « Bach et Rûmî » avec Leili Anvar et Claire Antonini, proposera un dialogue entre deux univers artistiques et spirituels, mettant en lumière la profondeur de l’expérience intérieure.

La poésie sera également explorée à travers d’autres formes d’expression, notamment la cérémonie japonaise du thé, le chanoyu, proposée par Maître Miyuki, ainsi que des ateliers de dhikr avec Enris Qinami et « Les Jardins intérieurs, quand la poésie respire », avec Najoua Ajjour et Mathieu Beley.

La programmation comprend en outre des expositions d’Odile Guinand et de Marie Pourchot, ainsi que la projection du film « Les Constructeurs de l’Alhambra » d’Isabel Fernández, prolongeant la réflexion sur la spiritualité et la beauté à travers les arts visuels et le cinéma.

Les tables rondes constitueront, pour leur part, un espace de réflexion autour de thématiques telles que « La beauté peut-elle sauver le monde ? », « Le Mathnawî de Rûmî : une quête de guérison », « L’épreuve transfigurée dans les grands textes sacrés » et « Poésie et guérison, la voie thérapeutique de Sami-Ali ».

Ces rencontres permettront de mettre en dialogue création, pensée et expérience intérieure, tout en interrogeant la dimension sensible de l’expérience religieuse et la capacité des récits à accompagner l’épreuve.

La soirée de clôture, prévue le 24 octobre sous le titre « Ivresses », réunira le samâ‘ arabo-andalou et les Derviches d’Alep, avec Wasim Arslan, Anas Al Attar et Noureddine Tahiri, dans un ultime hommage à la poésie de l’amour spirituel.

De Bab El Makina aux jardins de Jnan Sbil, en passant par le Souq Semmarine et les autres espaces de rencontre de la ville, cette 18e édition entend offrir au public marocain et international une expérience de la culture fondée sur la rencontre, l’écoute et la transformation du rapport au monde.

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