Législatives : du porte-à-porte à l’IA, la métamorphose de la campagne électorale à Tanger

Dpress
Des grands meetings électoraux aux tournées de terrain et au porte-à-porte, en passant par les chatbots alimentés par l’intelligence artificielle (IA), les candidats en lice pour les cinq sièges de la circonscription locale de Tanger-Assilah, au titre des élections législatives du 23 septembre, multiplient les canaux de communication avec les électeurs, dans une course aux suffrages marquée par la diversité des modes de mobilisation.
À l’approche du scrutin, alors que s’intensifient les rencontres directes avec les citoyens, les tournées de terrain dans les quartiers et les villages, ainsi que la distribution d’affiches et de dépliants, qui constituent depuis longtemps le socle de la communication politique traditionnelle, certains candidats misent également sur une présence numérique continue à travers des publications régulières sur les réseaux sociaux.
Certains candidats ne se limitent pas aux contenus numériques classiques et investissent également de nouveaux formats, tels que les « reels » et les « shorts », pour diffuser de courtes séquences dans lesquelles ils s’adressent directement aux habitants de leur circonscription. Ces contenus peuvent également faire l’objet de campagnes publicitaires ciblées, permettant d’orienter leur diffusion vers des internautes situés dans la circonscription électorale concernée.
Les technologies numériques permettent ainsi aux candidats de s’inviter au cœur des foyers de leur circonscription à travers les écrans des téléphones portables. À Tanger, l’un des jeunes candidats, qui se présente pour la première fois aux élections législatives après avoir déjà participé aux élections communales, a toutefois choisi d’aller plus loin en recourant à l’intelligence artificielle pour développer une communication interactive avec les citoyens.
Les affiches de ce candidat, distribuées lors des tournées de terrain, comportent un code de réponse rapide (QR code) qui, une fois scanné à l’aide d’un téléphone, redirige vers une interface numérique dédiée. Il s’agit d’un agent conversationnel doté d’intelligence artificielle, représenté par un avatar du candidat faisant office d’interface interactive avec les citoyens.
Dans une vidéo présentant cette technologie de communication innovante, le candidat a expliqué que la nouveauté réside dans le lancement de sa version numérique, destinée à répondre aux questions et aux attentes des citoyens de la circonscription électorale et à présenter son programme dans différents secteurs, considérant qu’il s’agit de la « première fois qu’une campagne électorale est menée avec l’appui de l’IA ».
Contrairement aux tournées de terrain, qui nécessitent une importante mobilisation, une présence physique et l’implication des membres des partis en lice et des soutiens des candidats, aussi bien à Tanger et à Assilah que dans les communes rurales relevant de la circonscription électorale, le recours aux réseaux sociaux et à l’intelligence artificielle permet de maintenir une communication continue et de toucher simultanément plusieurs publics.
Lors des précédentes échéances électorales, les candidats allaient à la rencontre des habitants, frappant aux portes, serrant des mains et échangeant avec eux autour des programmes, tout en distribuant dépliants et affiches. L’objectif était de convaincre les électeurs, de présenter les engagements électoraux du parti et de mettre en avant sa volonté de représenter et de servir la circonscription locale au Parlement.
Aujourd’hui, les réseaux sociaux et l’IA insufflent une nouvelle dynamique aux campagnes électorales, marquée notamment par une interaction continue à moindre coût, une diversification des contenus et des modes de communication, ainsi que par le recours à des techniques de ciblage plus affinées.
Dès lors, la distance entre le candidat et l’électeur ne se mesure plus seulement au nombre de tournées de terrain effectuées, mais aussi au nombre d’écrans que la campagne parvient à atteindre.
Il est certain que les technologies modernes ne devraient pas seulement transformer les outils de la campagne électorale, mais également faire évoluer la relation entre le candidat et l’électeur. Les réseaux sociaux, les chatbots et l’intelligence artificielle permettent d’élargir l’audience des candidats et de multiplier les possibilités d’interaction avec les électeurs.
Reste toutefois un enjeu central de la campagne numérique : convertir cette interaction en ligne en une participation effective au scrutin.



