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Sommet Karamah 2026 à Fès : Un appel international à faire de la dignité humaine le socle d’un nouvel ordre mondial

Dpress

Face à la montée des discours de haine, à l’aggravation des inégalités socio-économiques et aux mutations technologiques accélérées, d’éminentes personnalités internationales, réunies, samedi à Fès, dans le cadre du Sommet « Karamah 2026 », ont appelé à l’émergence d’un nouvel humanisme fondé sur la primauté de la dignité humaine, du dialogue et de la responsabilité collective.

Intervenant lors des différents panels de cette rencontre internationale, responsables politiques, experts et acteurs de la société civile ont souligné l’urgence de repenser les mécanismes de la gouvernance mondiale en plaçant la « Karamah » (dignité) au cœur de l’action publique et des relations internationales, estimant qu’une paix durable ne peut être bâtie sans respect mutuel, justice et compréhension entre les peuples.

Dans ce contexte, l’ancienne Présidente de la République de Maurice (2015-2018), Mme Ameenah Gurib-Fakim, a mis en garde contre les dérives du discours public contemporain, amplifiées par les réseaux sociaux et les nouvelles plateformes numériques.

« Toute guerre physique est précédée d’une guerre des mots », a-t-elle rappelé, soulignant que les mots « ne sont jamais neutres » et peuvent aussi bien attiser les conflits que favoriser la réconciliation et l’entente.

Estimant que le silence et l’indifférence constituent les principaux alliés de l’intolérance, Mme Gurib-Fakim a insisté sur le caractère collectif du combat contre l’extrémisme et les discours de haine.

« Il s’agit d’une responsabilité partagée entre les gouvernements, les responsables religieux, les éducateurs et les médias », a-t-elle affirmé, ajoutant que l’éducation demeure le levier essentiel pour transformer les mots « en ponts plutôt qu’en barrières » et promouvoir une culture du respect et de la coexistence.

Abondant dans le même sens, le coprésident du Centre international Nizami Ganjavi (NGIC) et ancien vice-président de la Banque mondiale, M. Ismail Serageldin, a mis en avant le rôle déterminant du dialogue des civilisations dans la construction d’un avenir commun.

Rappelant que la diversité humaine constitue une richesse et non une source de division, il a souligné que Fès, à travers le rayonnement historique de l’Université Al Quaraouiyine, illustre parfaitement la capacité du patrimoine à servir de vecteur de dialogue, de transmission des savoirs et de rapprochement entre les cultures.

M. Serageldin a également appelé à une remise en question profonde des modèles actuels de développement et de gouvernance afin de mieux préserver la dignité humaine universelle.

Rejetant la logique selon laquelle « la force fait le droit », il a dénoncé la persistance d’inégalités qu’il a qualifiées de « moralement inacceptables », ainsi que les atteintes croissantes aux équilibres environnementaux.

Il a, en outre, plaidé pour un multilatéralisme rénové, capable d’orienter les avancées scientifiques et technologiques, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle, vers le bien commun, plutôt que vers de nouvelles formes de domination ou d’exclusion.

Cette réflexion sur les fondements philosophiques et institutionnels de la dignité humaine a été approfondie par le fondateur et directeur général de l’Institute for Cultural Diplomacy, M. Mark Donfried.

Retraçant l’évolution historique du concept, depuis la pensée d’Emmanuel Kant jusqu’à son inscription dans les instruments internationaux relatifs aux droits humains, il a souligné que la dignité constitue l’un des piliers des grandes réconciliations et avancées démocratiques du XXe siècle, évoquant notamment l’héritage de Martin Luther King Jr. et de Nelson Mandela.

Saluant la portée symbolique de la capitale spirituelle du Royaume, M. Donfried a estimé que Fès perpétue une tradition où savoir, réflexion et responsabilité s’articulent autour de la quête du bien commun.

Selon lui, le Sommet Karamah offre ainsi un cadre privilégié pour transformer les valeurs universelles de dignité en références civiques, juridiques et sociales capables de garantir des libertés effectives et une citoyenneté inclusive.

Les travaux du Sommet « Karamah 2026″ se poursuivront à travers plusieurs sessions thématiques et échanges interactifs, avec pour ambition d’aboutir à l’ »Appel de Fès », une feuille de route destinée à faire de la diplomatie culturelle, du dialogue intercivilisationnel et de la dignité humaine des piliers essentiels de la prévention des conflits, du développement partagé et de la coopération internationale.

Organisé par l’Association mondiale de la culture et du patrimoine (WACH International), en partenariat avec l’Institute for Cultural Diplomacy et le Centre international Nizami Ganjavi, sous le thème « Le dialogue des civilisations au cœur de la dignité humaine », cet événement se veut un espace de réflexion et d’échange autour des moyens de consolider les valeurs universelles dans un monde multipolaire confronté à de profondes mutations et à des défis croissants, notamment sur les plans climatique, technologique et géopolitique.

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