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Fès: Le DG de l’IRES pour une gouvernance de l’IA ”souveraine, anticipatrice et participative”

Dpress

Le Directeur Général de l’Institut Royal des Etudes Stratégiques (IRES), Mohammed Tawfik Mouline, a souligné, lundi à Fès, la nécessité de promouvoir une gouvernance de l’intelligence artificielle, qui soit à la fois ”souveraine, anticipatrice et participative”.

”L’IA doit protéger les intérêts vitaux, les valeurs et les spécificités des Nations, intégrer les impacts futurs sur l’emploi, la science, les secteurs économiques et la cohésion sociale, et associer les institutions, les universités, les entreprises et les citoyens à la définition des usages souhaitables de cette technologie”, a expliqué M. Tawfik Mouline, qui intervenait à une plénière dans le cadre des Rencontres de l’Université euro-méditerranéenne de Fès sur l’alliance des civilisations, qui se sont ouvertes lundi.

Dans un contexte international traversé par de fortes tensions géopolitiques, économiques, sociales et culturelles, a-t-il estimé, l’intelligence artificielle peut ainsi devenir soit un support de dialogue entre les civilisations, soit un accélérateur de conflictualités.

Pour faire de l’intelligence artificielle un véritable levier au service de l’alliance des civilisations, le DG de l’IRES a recommandé notamment de fonder le développement de l’intelligence artificielle sur un socle éthique universel, axé sur la dignité humaine, les droits fondamentaux, l’égalité et le respect de la diversité culturelle.

Il a souligné, dans ce cadre, la nécessité de mettre en place une gouvernance internationale inclusive de l’intelligence artificielle, basée sur le multilatéralisme et ouverte à l’ensemble des parties prenantes et garantir l’intégration effective de la pluralité des langues, des cultures et des référents civilisationnels dans la conception, l’entraînement et le déploiement des systèmes d’intelligence artificielle.

Il s’agit aussi, selon lui, d’orienter prioritairement l’intelligence artificielle vers des usages favorisant le dialogue interculturel, l’éducation, la traduction, la circulation des savoirs et la préservation du patrimoine humain, en soumettant à un encadrement rigoureux les usages de l’IA susceptibles de nourrir la désinformation, les discours de haine, les manipulations informationnelles et la polarisation des sociétés.

M. Tawfik Mouline a mis l’accent sur la nécessité de développer une éducation critique au numérique et à l’intelligence artificielle, propre à renforcer le discernement, la responsabilité et la culture du dialogue, favoriser une coopération entre les communautés scientifiques et techniques, les sciences humaines et sociales, les institutions éducatives, les acteurs culturels et les responsables publics et faire de l’intelligence artificielle un instrument au service de la paix, de la coopération et de la confiance entre les peuples.

Et de poursuivre qu’il importe non seulement de réguler l’intelligence artificielle, mais aussi de faire en sorte que le progrès technique demeure au service de l’humanité, du dialogue entre les peuples, de la préservation des biens communs et de la construction d’un avenir partagé.

L’intelligence artificielle ne doit pas seulement être puissante ou efficace, mais aussi juste et digne de confiance, a-t-il conclu.

De son côté, le secrétaire perpétuel de l’Académie Hassan II des sciences et techniques, Omar Fassi Fihri a indiqué que l’IA, –probablement la technologie la plus transformatrice de l’histoire humaine récente -comme toute technologie de rupture- amplifie les capacités et aussi les risques”.

L’IA s’impose comme une technologie à usage général au même titre que l’électricité et Internet, capable de transformer simultanément l’économie, la science et les structures sociales, a-t-il noté, relevant que pour le Maroc, la question n’est pas seulement technologique, mais stratégique, civilisationnelle et souveraine.

Pour lui, les enjeux stratégiques pour la civilisation humaine reposent sur un cadre global et une gouvernance mondiale de l’IA, une souveraineté scientifique permettant la maitrise des données, des modèles et des infrastructures et un investissement dans le capital humain, outre une éthique transcendante.

À l’ère de l’IA, a-t-il relevé, la véritable richesse des nations ne résidera pas seulement dans leur richesse naturelle, mais dans leur capacité à former des intelligences humaines capables de comprendre, d’innover et de gouverner les technologies de demain.

L’avenir de la civilisation humaine sera déterminé ainsi par la manière dont les pays choisiront de les intégrer dans leurs projets de société, a dit M. Omar Fassi Fihri.

Les Rencontres de l’Université euro-méditerranéenne de Fès sur l’Alliance des civilisations, organisées sur deux jours sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, sous le thème “L’avenir de la civilisation humaine à l’épreuve de l’intelligence artificielle”, réunissent des personnalités académiques, scientifiques et diplomatiques de haut niveau issues des cinq continents, ainsi que plus de 1.400 jeunes représentant près de 50 pays.

Cet événement, initié par l’Université euro-méditerranéenne de Fès en collaboration avec la Chaire des Nations unies pour l’Alliance des civilisations, la Ligue islamique mondiale et l’Alliance des civilisations des Nations unies, ambitionne de constituer une plateforme stratégique de dialogue et de réflexion sur les grandes mutations imposées par l’intelligence artificielle.

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