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Province de Chefchaouen: L’extension des superficies de culture du cannabis licite impulse une nouvelle dynamique de développement

Dpress

La production de cannabis licite au niveau de la province de Chefchaouen a enregistré une hausse importante durant la troisième campagne de culture, portée par l’extension des superficies cultivées et l’augmentation du nombre d’agriculteurs engagés dans cette filière économique prometteuse.

Selon les données de la direction provinciale de l’ANRAC à Chefchaouen, l’extension des superficies cultivées, réparties principalement sur les versants du Rif central, a contribué à une augmentation continue de la production, le volume global enregistré l’an dernier ayant atteint 8.779 quintaux, contre 5.690 quintaux en 2024 et 460 quintaux lors de la première campagne en 2023, ce qui permet de fournir une matière première de haute qualité destinée à des usages industriels, pharmaceutiques et alimentaires.

Par ailleurs, le nombre total d’autorisations délivrées au niveau de la province en 2025 pour l’exercice de cette activité s’est établi à 1.435, au profit de 1.403 agriculteurs, regroupés au sein de 104 coopératives.

La hausse du nombre d’agriculteurs impliqués dans cette activité prometteuse s’explique par une série de rencontres organisées par les cadres de l’ANRAC dans la province de Chefchaouen en 2025. Ces actions ont ainsi permis d’accompagner près d’un millier d’agriculteurs pour l’obtention des autorisations, en plus de campagnes de sensibilisation portant sur les aspects juridiques et procéduraux liés à cette activité.

La superficie totale cultivée en cannabis licite a atteint, l’an dernier, 1.347 hectares, dont 1.222 hectares consacrés à la variété locale “Beldia” et 125 hectares à la variété importée. Sur cette superficie, 1.130 hectares ont été récoltés, dont 1.005 hectares de la variété “Beldia”.

Ces chiffres reflètent l’intérêt croissant des agriculteurs de la région pour cette culture à fort potentiel et légalement encadrée, motivés par ses rendements élevés et leur volonté de valoriser leur expertise, notamment au regard des spécificités pédoclimatiques locales, adaptées à des cultures limitées.

Dans ce sens, le président de la coopérative “Bouztate” relevant de la commune de Bab Berred, Abdeslam Amraji, a indiqué, dans une déclaration à la MAP, que l’engouement des agriculteurs pour cette culture, depuis son lancement en 2023, s’inscrit dans leur volonté de contribuer au développement local, d’améliorer leurs revenus et de s’intégrer dans une économie organisée et légale.

Durant la première année, les agriculteurs utilisaient des semences importées, avant d’opter, au cours des deux dernières campagnes, pour la variété locale “Beldia”, réputée pour son adaptation aux conditions climatiques, sa faible consommation en eau et sa résistance, a-t-il expliqué.

Il a, par ailleurs, salué les efforts déployés par l’ANRAC, notamment en matière d’encadrement et de suivi tout au long de la campagne agricole, ainsi que la qualité des relations entre agriculteurs et investisseurs opérant dans les unités de transformation.

Si l’augmentation de la production génère des revenus directs pour les agriculteurs et assure l’approvisionnement en matière première, les unités de transformation constituent un maillon essentiel de la filière du cannabis légal dans la province de Chefchaouen.

Ces unités assurent la transformation de la plante en produits destinés aux marchés national et international, à des fins industrielles, cosmétiques, pharmaceutiques et alimentaires.

À Bab Berred, l’unité “Bio Cannat”, spécialisée dans la transformation du cannabis et considérée comme la première du genre au Maroc lors de son inauguration en 2024, accueille des centaines d’agriculteurs de la province, organisés en coopératives, pour la commercialisation de leur production après récolte.

Dans ce cadre, Aziz Makhlouf, président de la coopérative “Bio Cannat” et directeur général de la société “Cannaflex”, spécialisée dans la transformation, l’exportation et la commercialisation du cannabis aux niveaux national et international, a affirmé que la coopérative a développé, au cours des deux dernières années, plus de 42 produits dérivés du cannabis, dont 60 à 70% sont destinés au marché national à travers plus de 650 points de vente.

L’unité a développé, en partenariat avec des acteurs sud-africains, un médicament extrait de la variété “Beldia”, commercialisé à l’échelle internationale, a-t-il fait savoir, notant que que la première expédition de THC extrait de cette même variété a été exportée cette semaine vers l’Afrique du Sud, en collaboration avec les laboratoires pharmaceutiques “Sothema”.

Il a, en outre, relevé que la première prescription médicale au niveau national recommandant l’usage d’un produit à base de cannabis issu de la variété “Beldia” a été délivrée, qualifiant cette avancée de première nationale et d’encouragement à poursuivre les efforts pour la réussite de ce projet.

Dans la perspective d’élargir les débouchés internationaux du cannabis licite, M. Makhlouf a souligné que, outre les partenaires actuels en Australie, en Afrique du Sud, en Suisse et en République tchèque, des efforts sont déployés pour accéder à de nouveaux marchés stratégiques, notamment les États-Unis, à partir de l’été prochain.

Selon lui, ces acquis sont le fruit des efforts conjoints et de l’accompagnement de terrain assuré par l’ANRAC, ainsi que par les départements concernés et les autorités locales, en vue de promouvoir cette filière prometteuse.

En effet, bien qu’elle en soit à sa quatrième campagne, cette culture a déjà contribué à insuffler une dynamique de développement dans les zones rurales et montagneuses de la province de Chefchaouen, favorisant leur intégration dans le tissu économique légal et structuré.

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