Marrakech : Face à la convergence entre traite, trafic et cybercriminalité, une réponse transnationale coordonnée s’impose

Dpress
Face à la convergence entre traite, trafic et cybercriminalité, une réponse transnationale, coordonnée et adaptée aux évolutions du numérique s’impose, a affirmé, mardi à Marrakech, Ilias Chatzis, Chef de la section de la traite des êtres humains et du trafic de migrants à l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC).
S’exprimant lors du 2è Forum international des procureurs luttant contre la traite des personnes et le trafic de migrants, M. Chatzis a souligné que les dynamiques liées à la traite et à la criminalité organisée évoluent rapidement à l’ère numérique, avec une convergence accrue entre traite, trafic de migrants et cybercriminalité, marquée par la rapidité et l’anonymat des opérations.
Dans certaines régions, des victimes sont exploitées dans des centres d’escroquerie en ligne et contraintes de participer à des activités frauduleuses, a-t-il fait remarquer, relevant l’ampleur du phénomène et les importantes pertes humaines et financières qu’il engendre, selon les estimations des Nations Unies.
Par conséquent, le responsable a souligné la nécessité de renforcer la coopération internationale, l’échange d’informations et la préservation des preuves électroniques, ainsi que l’implication du secteur privé.
Pour sa part, Diane Schmitt, coordinatrice de l’Union européenne pour la lutte contre la traite des êtres humains, a relevé que les preuves financières et numériques sont essentielles pour démanteler les réseaux criminels, appelant à tracer, saisir et confisquer les profits selon l’approche du « follow the money ».
Elle a fait savoir que l’Union européenne œuvre à la mise en place d’un nouveau régime de sanctions visant le trafic de migrants, la traite des êtres humains et d’autres formes de criminalité organisée, permettant notamment le gel des avoirs et l’interdiction de voyage.
Mettant en avant le rôle de la technologie dans la détection des schémas criminels, l’identification des auteurs et le suivi des flux financiers illicites, Mme Schmitt a souligné l’importance de la coopération avec le secteur privé et du renforcement de la coopération judiciaire et transfrontalière, avec l’appui d’Eurojust et d’Europol.
Organisé par l’ONUDC, avec le soutien financier de l’Union européenne, le Forum réunit des procureurs de plus de 60 pays afin de renforcer la coopération internationale contre les réseaux criminels organisés impliqués dans la traite des personnes et le trafic de migrants.
Durant trois jours, les participants examineront les tendances émergentes de criminalité, notamment l’utilisation croissante des plateformes numériques, des communications chiffrées et du recrutement en ligne par les réseaux de traite et de trafic.
Les discussions portent également sur le renforcement des enquêtes financières pour tracer et confisquer les profits criminels, l’amélioration du partage de preuves transfrontalières et le développement d’enquêtes et de poursuites conjointes.



