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Le ministre de l’Économie, des Finances et de la Performance publique, Fouzi Lekjaa, a souligné, vendredi à la Chambre des représentants, la nécessité de réglementer et d’encadrer les exportations des produits alimentaires et de réformer leurs circuits de commercialisation, afin de répondre aux besoins du marché local et d’assurer la disponibilité des produits de première nécessité en quantités suffisantes et à des prix raisonnables.
En réponse aux interventions des groupes et du groupement parlementaires, lors de la discussion générale du projet de loi de finances (PLF) de l’année 2027 au sein de la Commission des finances et du développement économique, M. Lekjaa a expliqué que la lutte contre la hausse des prix exige une complémentarité entre les mesures relatives à la réglementation et à l’encadrement des exportations, la modernisation des marchés de gros, la connexion entre les bassins de production et de consommation, ainsi que la réforme des circuits de commercialisation des viandes et des poissons.
À cet égard, le ministre a estimé qu’après sept années consécutives de sécheresse, il n’était pas envisageable de doubler les volumes d’exportation alors que le marché intérieur connaît une envolée des prix.
Il a ainsi insisté sur la nécessité de réglementer et d’encadrer ces activités de manière concertée, notamment avec les producteurs, afin de garantir la satisfaction des besoins quotidiens des citoyens à des prix raisonnables.
Cette orientation ne signifie ni un retour à l’ancien modèle d’encadrement des exportations, incarné par l’Office de commercialisation et d’exportation (OCE), ni une remise en cause de l’entreprise, a assuré M. Lekjaa, expliquant que l’objectif est de faire en sorte que « l’initiative soit présente à tous les niveaux et dans tous les domaines ».
S’agissant des marchés de gros, le ministre a indiqué que 12 marchés nécessitent une modernisation, afin de permettre aux commerçants de choisir leurs sources d’approvisionnement et de fixer leurs prix de vente, tout en garantissant la concurrence au sein de ces marchés.
Il a, dans ce sens, fait savoir que la vision du gouvernement relative à la gestion de ces marchés est prête et soumise à la discussion.
Concernant la connexion entre les bassins de production et de consommation, M. Lekjaa a relevé le coût élevé de ce maillon de la chaîne de commercialisation, en raison de l’inadéquation entre la facturation et les dépenses engagées.
L’approche proposée repose sur la garantie, par l’État, de cette connexion, sans que celui-ci ne prenne directement en charge les opérations d’achat et de vente, a-t-il fait savoir.
Dans ce cadre, M. Lekjaa a évoqué la mise en relation des bassins de production et de consommation à travers des sociétés régionales, dans l’objectif de réduire la distance entre le producteur et le consommateur, affirmant que le gouvernement demeure ouvert aux propositions relatives aux modalités d’organisation de ce maillon et disposé à examiner ses orientations avec les députés, en présence des ministres concernés, et à y apporter les amendements nécessaires.
Le ministre a, enfin, insisté sur l’importance de mettre en œuvre ces réformes de manière intégrée, avertissant que l’application de certaines mesures isolément pourrait conduire à une concentration des activités d’intermédiation au niveau d’un maillon particulier.
