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Essaouira : La force fédératrice du Festival des Andalousies Atlantiques mise en exergue

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 La capacité singulière du Festival des Andalousies Atlantiques à fédérer, au-delà des frontières géographiques, culturelles et religieuses, des personnes de tous horizons autour des valeurs du dialogue, du partage et du vivre-ensemble a été au cœur des échanges lors du Forum des Andalousies, tenu vendredi à Bayt Dakira à Essaouira, dans le cadre de la 21e édition de cette manifestation culturelle.

Placée sous le thème « L’importance du lieu, l’importance du lien », cette rencontre, qui a réuni des personnalités du monde intellectuel et culturel, ainsi que des festivaliers marocains et étrangers, fidèles du rendez-vous ou venus pour la première fois, a constitué un espace de libre parole et de témoignages autour de ce qui fait l’unicité de la Cité des Alizés et la portée humaine de ses divers festivals et événements internationaux.

Intervenant à cette occasion, le Conseiller de SM le Roi et Président Fondateur de l’Association Essaouira-Mogador, M. André Azoulay, a mis en avant « la vocation d’Essaouira et du Festival à offrir un espace où la parole est libre, où la diversité est une réalité vécue et où chacun peut venir avec ses idées, ses convictions et ses engagements, sans avoir à renoncer à ce qu’il est ».

Insistant sur la portée de cette expérience collective, M. Azoulay a invité les participants à « prendre la juste dimension des moments qu’ils partagent à Essaouira », estimant que « ce qui s’y vit, dans un esprit d’ouverture et de respect mutuel, est devenu rare dans un monde bouleversé par les guerres, les crises, les replis et l’ignorance », tout en appelant les festivaliers étrangers à « témoigner, une fois de retour dans leurs familles, leurs milieux professionnels et leurs espaces de vie, de cette expérience marocaine singulière du vivre-ensemble, afin de contribuer à faire connaître et à porter plus loin les valeurs incarnées par le Maroc ».

« Cette réalité n’est ni un exercice de façade ni un discours destiné à plaire, mais une expérience authentique, profondément ancrée dans l’identité marocaine », a fait remarquer M. Azoulay, avant de conclure en précisant que « le Festival des Andalousies Atlantiques est un festival militant, mais au sens noble du terme ».

De son côté, l’universitaire et ancienne ambassadrice du Maroc au Pérou, en Bolivie et au Panama, Oumama Aouad, a souligné la pertinence du thème retenu, qui renvoie à la relation indissociable entre les lieux porteurs de mémoire et les liens humains qui leur donnent tout leur sens, mettant l’accent sur la nécessité de « faire rayonner le bonheur d’être ensemble et de transmettre cet esprit aux jeunes générations, en dépit des tensions et des incertitudes qui traversent le monde ».

Revenant sur la création de cette manifestation culturelle en 2003, Mme Aouad, l’une des fondatrices du Festival, n’a pas manqué d’évoquer l’ampleur prise par ce rendez-vous au fil des éditions, qui a « su s’ancrer dans la réalité marocaine et souirie tout en acquérant une dimension internationale, attirant des artistes, des personnalités et des publics venus d’horizons divers, désireux de se retrouver et d’échanger au-delà de la musique ».

Pour sa part, l’ancien ministre Rachid Belmokhtar a placé la réflexion dans une perspective historique et contemporaine, mettant en garde contre les dangers de l’ignorance, qu’il considère comme « l’un des principaux facteurs de fragilisation des sociétés et d’alimentation des discours de haine ».

Mettant en avant le rôle fondamental de l’éducation et de la connaissance dans la construction de sociétés équilibrées, M. Belmokhtar a fait observer que « la compréhension de l’autre et la reconnaissance de la diversité constituent des conditions essentielles à une coexistence saine et durable ».

Par ailleurs, plusieurs festivaliers ont été invités à prendre la parole pour partager leurs expériences, dont les témoignages ont convergé vers une même conviction : « l’énergie singulière d’Essaouira et les vibrations suscitées par le Festival contribuent à rapprocher et à faire de la diversité une expérience véritablement vécue, au-delà des discours ».

Depuis sa création, le Festival des Andalousies Atlantiques œuvre à la valorisation du patrimoine musical judéo-marocain et à la transmission de traditions héritées de plusieurs cultures, tout en renforçant le rayonnement culturel de la ville d’Essaouira à l’échelle nationale et internationale.

Le menu de cette 21e édition, organisée par l’Association Essaouira-Mogador jusqu’au 31 octobre, promet une richesse éclectique, avec à la clé 15 rendez-vous musicaux mettant en vedette la diversité des expressions artistiques issues des traditions arabes et hébraïques, tout en célébrant leur héritage commun et leur capacité à se renouveler au fil des générations.

Placée sous le thème « Alif x Alef : deux lettres, une même histoire », cette édition met en lumière les liens historiques et culturels qui unissent ces deux traditions, à travers des rencontres musicales entre musique arabo-andalouse, répertoire judéo-marocain, chants du piyout et rythmes gnaoua, autant de passerelles artistiques qui font de la mémoire partagée une source de création et de dialogue entre les cultures.

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