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Le ministre de l’Économie, des Finances et de la Performance publique, Fouzi Lekjaa, a affirmé, vendredi à la Chambre des représentants, que le gouvernement procédera à la suppression de certaines variables de l’indice d’éligibilité à l’aide sociale, tout en intégrant progressivement les revenus dans son calcul, dans la perspective d’adopter un indice fondé exclusivement sur les revenus à mi-mandat gouvernemental.
En réponse aux interventions des groupes et du groupement parlementaires, lors de la discussion générale du projet de loi de finances (PLF) de 2027 au sein de la Commission des finances et du développement économique, M. Lekjaa a expliqué que « l’indice actuel a joué un rôle essentiel et positif, puisqu’il a permis de passer d’une évaluation fondée sur les attestations administratives à une évaluation basée sur les dépenses des ménages ».
Et de poursuivre : « Toutefois, la réalité a montré que cet indice entraîne automatiquement l’exclusion d’un ménage du dispositif d’aide lorsqu’il fait face à une dépense imprévue ou exceptionnelle, qui ne reflète ni son revenu ni une amélioration de sa situation financière ».
Le ministre a fait savoir qu’une approche visant à remédier à cette situation a été élaborée et sera soumise à la discussion avec les députés.
Concernant l’aide sociale directe, M. Lekjaa a rappelé que quatre millions de ménages bénéficient actuellement d’un montant minimum de 500 dirhams, soulignant que l’Exécutif envisage, compte tenu des niveaux d’inflation et des autres pressions, de le relever progressivement, à partir de 600 dirhams la première année pour atteindre 1.000 dirhams.
Il a également insisté sur la nécessité d’encourager les ménages à accéder au marché du travail, afin que l’aide ne devienne pas « un prétexte pour ne pas travailler », exprimant sa disposition à prolonger, si nécessaire, la durée prévue par la loi encadrant ce dispositif, à l’occasion de sa révision.
Pour le ministre, l’objectif « n’est pas d’accorder une aide à vie », mais d’accompagner les ménages et de les soutenir pour s’intégrer dans la vie économique.
S’agissant de l’Assurance maladie obligatoire de base (AMO), M. Lekjaa a établi une distinction entre l’inscription aux régimes d’assurance et le bénéfice effectif des droits qui en découlent.
Il a indiqué que les personnes inscrites représentent 89% de la population, soit 32,7 millions de personnes, tandis que celles disposant de droits ouverts sont au nombre de 28,6 millions, soit 78% d’une population totale de 36 millions.
Le ministre a ajouté que 4,1 millions de personnes inscrites ont vu leurs droits suspendus pour défaut de paiement des cotisations, tandis que 4,1 millions d’autres ne sont affiliées à aucun régime.
Il a, à cet égard, mis l’accent sur la nécessité de traiter ces situations en fonction de la capacité contributive des personnes concernées, tout en procédant à la révision des bases de données et à la vérification de l’exactitude des chiffres.
Dans le même registre, M. Lekjaa a estimé que l’accès aux droits à la couverture médicale devrait s’accompagner d’un accès effectif aux soins, affirmant que « les efforts déployés, malgré leur importance, n’auront de véritable sens que si les citoyens en ressentent les effets sur les services de santé qui leur sont dispensés au quotidien ».
Il a également insisté sur le fait que « les cliniques privées ne doivent pas capter 90% du chiffre d’affaires généré par la couverture médicale », ajoutant que la part des hôpitaux publics, actuellement inférieure à 10%, devrait atteindre au moins 50%, « faute de quoi le fonctionnement du système poserait problème ».
Le ministre a, par ailleurs, mis en avant le rôle des groupements sanitaires territoriaux (GST) qui offriront un cadre permettant aux médecins d’exercer dans un espace territorial élargi.
