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Le président de la Fondation Nationale des Musées (FNM), Mehdi Qotbi, a appelé, mardi à Rabat, les jeunes cinéastes à « s’emparer avec audace » de la richesse du patrimoine culturel marocain et de s’approprier les archives photographiques des villes afin de faire revivre par l’image les métiers, les traditions, la musique et les légendes qui constituent la mémoire nationale.
« Le patrimoine est donc bien davantage qu’un sujet de documentaire ou qu’un décor de tournage. Il constitue une source inépuisable de récits et d’images et d’émotions. Mais encore faut-il apprendre à le regarder », a relevé M. Qotbi qui s’exprimait à l’occasion de l’inauguration de « L’Espace 35 » à l’Institut Supérieur des Métiers de l’Audiovisuel et du Cinéma (ISMAC).
Le président de la FNM a également exhorté les jeunes artistes à redécouvrir leurs cités sous un nouveau regard, loin des stéréotypes et clichés habituels, en observant attentivement les détails des visages, des couleurs et des architectures et en explorant des lieux de vie tels que les souks, les ateliers et les paysages naturels. Il a également plaidé pour l’ouverture sur le patrimoine immatériel local par l’écoute des récits et histoires populaires transmis de génération en génération, la découverte approfondie du savoir-faire des maîtres artisans et l’immersion dans la diversité des traditions musicales.
« La culture n’est pas un supplément que l’on ajoute au développement d’un pays lorsque tout le reste est accompli. Elle est une composante essentielle. Investir dans la culture, c’est investir dans l’éducation, dans la reconnaissance, dans la créativité, dans la capacité d’une société de se projeter dans l’avenir », a-t-il dit.
Les jeunes ne doivent pas seulement être les destinataires de la culture, ils doivent en être les acteurs, a souligné M. Qotbi, mettant en avant une familiarité avec les technologies qui ouvrent des possibilités inédites de créativité.
Et de souligner que le Maroc, sous l’égide de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a engagé une dynamique importante de valorisation de son patrimoine, de modernisation de ses institutions culturelles et de soutien à la création.
« Le musée ne doit pas être un lieu intimidant, réservé à l’élite. Au contraire, il doit susciter la curiosité, provoquer des questions, éveiller les émotions et permettre à chacun de construire son propre rapport aux œuvres », a-t-il signalé.
Et d’ajouter qu’à travers des partenariats tissés avec des institutions de renommée comme le Centre Pompidou, l’Institut du Monde Arabe, le Louvre, le musée des Beaux-Arts Pouchkine à Moscou, la FNM a contribué à faire circuler les œuvres et les idées, à multiplier les rencontres et à enrichir le dialogue entre les cultures.
De son côté, le Secrétaire général du ministère de la Jeunesse, de la Culture et des sports -Département de la Communication-, Abdelaziz El Bouzdaini, a souligné que les industries culturelles et créatives occupent, sous la Conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, une place de choix, tant par leur contribution à la création de richesses et d’emplois que par les perspectives d’épanouissement offertes à la jeunesse marocaine.
Le ministère accompagne cette dynamique, portée par l’ambition d’ériger la culture en levier central de développement, de rayonnement et de valorisation de l’identité marocaine riches de ses multiples affluents, a-t-il affirmé, ajoutant que cette ambition se traduit par plusieurs chantiers structurants, notamment l’essor de l’industrie marocaine du jeu vidéo, le renforcement des pôles de production cinématographique à Ouarzazate et Dakhla, outre la conclusion de partenariats internationaux.
S’agissant de l’ouverture de « L’Espace 35 » à l’ISMAC, le directeur de l’Institut, Abdessamad Moutei, a indiqué que cette structure a été pensée comme une plateforme vivante, pérenne et pluridisciplinaire d’échange, faisant office de carrefour de réflexion et de création.
Cet espace novateur ambitionne d’instaurer un dialogue régulier réunissant artistes et figures de proue du 7e art et des arts visuels, enseignants-chercheurs, experts académiques, professionnels du cinéma et de l’audiovisuel, ainsi que les étudiants de l’institut, considérés comme le cœur battant et l’avenir de l’établissement, a-t-il fait observer.
Cette rencontre, marquée par la présence de représentants du ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, de membres du corps diplomatique accrédité à Rabat et de divers acteurs de la scène culturelle marocaine, a été rehaussée par l’hommage rendu à M. Qotbi, en reconnaissance de son riche parcours artistique et de son engagement continu en faveur de la préservation et du rayonnement du patrimoine national.
