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Le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime et de la Souveraineté alimentaire, Khalid Hatimy, a indiqué, mardi à Rabat, que la jeunesse et l’innovation, qu’elle soit technologique, scientifique ou héritée des savoirs ancestraux, constituent la voie principale pour bâtir la souveraineté alimentaire du Royaume.
Intervenant à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de l’alimentation, organisée à l’Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II (IAV) par le ministère en collaboration avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), sous le thème « Innover aujourd’hui pour nourrir demain », M. Hatimy a souligné que « c’est aujourd’hui que se prépare l’alimentation de demain », appelant à unir la science, la technologie et les savoirs locaux au service de systèmes alimentaires durables.
Cette souveraineté, a-t-il expliqué, consiste à nourrir la population grâce à une agriculture nationale solide, résiliente et durable, en protégeant les ressources en eau et le patrimoine semencier, en soutenant les agriculteurs et en valorisant mieux les productions nationales.
Le ministre a ajouté qu »‘investir dans notre souveraineté alimentaire, c’est investir dans la dignité de nos citoyens, dans la vitalité de nos territoires et dans notre liberté de décider de notre avenir ».
Dans ce sillage, il a relevé que le Royaume fait de l’innovation un pilier de son agriculture et de ses systèmes alimentaires, à travers notamment la stratégie Génération Green 2020-2030, qui engage une transition vers une agriculture innovante et éco-efficiente.
Il a cité la généralisation de l’irrigation localisée, la progression de l’agriculture de conservation et du semis direct, l’adoption de variétés plus résilientes, ainsi que le recours aux drones, à l’imagerie aérienne et aux logiciels de gestion pour un pilotage plus fin des exploitations, notant qu’un centre national de recherche génétique a également été créé.
Face au changement climatique et à la raréfaction de l’eau, M. Hatimy a plaidé pour la multiplication des initiatives innovantes, la mobilisation des financements nécessaires et le renforcement de la concertation et de la coopération internationale, afin d’unir « la science, la technologie et les savoirs locaux au service de systèmes alimentaires durables ».
De son côté, le Représentant de la FAO au Maroc, Alexandre Anh Tài Huynh, a loué « l’excellence du partenariat noué » avec le Royaume, avant de rappeler que la Journée mondiale de l’alimentation est un rendez-vous de mobilisation autour de la sécurité alimentaire, de la qualité nutritionnelle et de la transformation des systèmes agroalimentaires durables.
Selon lui, l’innovation produit son plus grand impact lorsqu’elle atteint ceux qui en ont le plus besoin, notamment les petits exploitants et les populations rurales, encore à l’écart des connaissances, des technologies et des investissements.
Parallèlement, M. Huynh a consacré une part de son intervention aux jeunes, appelés à être « des acteurs, des décideurs et des innovateurs dès aujourd’hui » et non de simples bénéficiaires.
Il a cité en exemple le chapitre « Jeunes du Maroc » du Forum mondial de l’alimentation, le projet Agri-accélérateur et les coopératives féminines appuyées par l’Organisation, y voyant le signe d' »une jeunesse marocaine dynamique, qui n’attend pas, qui avance, qui innove ».
Pour le responsable onusien, l’innovation ne se limite pas à la technologie, mais englobe aussi de nouvelles pratiques, de nouveaux modèles économiques et de nouvelles formes d’organisation.
Il a donné pour illustration les trois sites marocains reconnus au titre des Systèmes Ingénieux du Patrimoine Agricole Mondial (SIPAM), où les communautés perpétuent depuis des siècles un équilibre précieux entre terre, eau et biodiversité, aux côtés d’un écosystème de start-up marocaines qui portent les innovations numériques et scientifiques jusque dans les exploitations.
« C’est la combinaison de ces deux potentiels qui donnera des résultats extraordinaires » pour le Maroc comme pour la coopération Sud-Sud, a-t-il estimé.
Cette rencontre, qui a réuni des représentants des professionnels du secteur, des institutions publiques, des partenaires nationaux et internationaux ainsi que des établissements de recherche et de formation, a été suivie d’un panel scientifique consacré au développement durable des systèmes agroalimentaires. Les présentations ont porté sur la préservation des ressources génétiques, la durabilité des systèmes d’élevage, la digitalisation des marchés, le conseil agricole numérique, la formation des jeunes générations et la valorisation du patrimoine agricole marocain.
Cette célébration a été marquée par la remise de trophées de reconnaissance à plusieurs départements et institutions partenaires, à savoir le Département de la Pêche maritime, le Département de l’Agriculture, la Direction générale de l’Hydraulique du ministère de l’Équipement, de l’Eau et des Forêts, le Département du Développement durable du ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, l’Agence Nationale des Eaux et Forêts (ANEF) et le Haut-Commissariat au Plan (HCP).
Ont également été distinguées la Plateforme d’innovation INRA-IDRC pour la dissémination des nouvelles variétés de blés développées par l’INRA et l’Association Aïn Blal pour le développement local.
