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Moussem d’Assilah : Le Prix Buland Al-Haïdari décerné au Marocain Abou Bakr El Melliti et à l’Irakien Zine El Abidine El Merchdi

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Les poètes marocain Abou Bakr El Melliti et irakien Zine El Abidine El Merchdi ont reçu, samedi à Assilah, le Prix Buland Al-Haïdari destiné aux jeunes poètes arabes, qui leur a été décerné ex æquo par la Fondation du Forum d’Assilah, en reconnaissance de la singularité et de la maturité de leurs expériences poétiques.

Cette double consécration a été célébrée lors d’une cérémonie littéraire organisée dans le cadre du 47e Moussem culturel international d’Assilah, en présence de nombreuses personnalités du monde des lettres et de la culture venues de plusieurs pays arabes.

Pour cette huitième édition, le jury, présidé par le poète marocain Yassine Adnane, a examiné les œuvres d’une quinzaine de jeunes poètes, hommes et femmes, originaires notamment du Maroc, d’Égypte, du Liban, de Syrie, d’Irak, de Tunisie et du Koweït.

Outre son président, le jury réunissait le critique égyptien Adel Dargham, ainsi que les poètes tunisien Moncef Ouhaïbi, irakien Fadel Soltani, marocain Abdallah Seddik et libanaise Violette Abou Jald.

Présentant les motivations de cette double distinction, M. Adnane a souligné que le choix du Marocain Abou Bakr El Melliti traduit un consensus critique autour de la maturité de son écriture et de la cohérence de son projet poétique, développé à travers deux recueils, “Dans tes yeux se trouvent des cafés”, publié par la Maison de la poésie de Tétouan, et “Une perte en minijupe et chaussettes hautes”, édité par la Maison de la poésie au Maroc.

Selon le président du jury, le poète “s’écrit avec sincérité, sans horizon tout tracé ni prédéfini”, parvenant à s’affranchir de l’influence de ses prédécesseurs à la faveur d’une attention artistique particulièrement sensible aux détails de son univers personnel.

Le jury a également relevé que son deuxième recueil témoigne de l’émergence d’une écriture poétique nouvelle, qui construit son propre univers loin des modèles convenus et des formes préétablies.

Cette évolution se manifeste notamment par le passage d’une expression initialement portée par une ample méditation à une écriture plus concise et dépouillée, où les phrases brèves, parfois fragmentaires, transforment les détails les plus ordinaires du quotidien en une matière poétique authentique, sans recherche d’effets lexicaux ni artifices rhétoriques.

S’agissant de l’Irakien Zine El Abidine El Merchdi, auteur du recueil “L’Enfant des bergers”, le président du jury a mis en avant sa remarquable maîtrise des outils poétiques et sa capacité à puiser dans les différentes traditions de la poésie arabe pour leur insuffler un souffle nouveau.

Le jeune poète propose ainsi une écriture d’une grande vitalité, qui conjugue les formes héritées de la longue histoire de la poésie arabe avec une sensibilité résolument novatrice, tant dans sa manière d’aborder les choses que dans le regard qu’il porte sur le monde.

Sa démarche se distingue également par le recours au paradoxe, qui se substitue à la conception traditionnelle du recueil construit autour d’un thème unique. Ce procédé constitue, selon le jury, “un mécanisme qui nous rapproche de nous-mêmes et nous invite à reconsidérer le texte et le monde qu’il façonne, comme s’il nous purifiait de ces choses devenues des certitudes profondément ancrées en nous”.

Créé en 1996 dans le cadre du Forum d’Assilah, puis décerné pour la première fois en 2000, le Prix Buland Al-Haïdari rend hommage au poète irakien (1926-1996), figure pionnière de la modernité poétique arabe, qui entretenait des liens privilégiés avec Assilah, son Moussem culturel et le Maroc.

Cette distinction s’inscrit dans un système d’alternance triennale avec le Prix Tchicaya U Tam’si de la poésie africaine et le Prix Mohamed Zafzaf du roman arabe, également organisés dans le cadre du Moussem culturel international d’Assilah.

Né à Bagdad en 1926, Buland Al-Haïdari avait publié son premier recueil, “Le Battement de l’argile”, en 1946. Il comptait parmi les premières grandes figures littéraires à avoir accompagné, année après année, les éditions du Moussem culturel international d’Assilah, participant à ses rencontres intellectuelles et littéraires et animant de nombreuses soirées poétiques.

Il y avait notamment partagé la scène avec plusieurs grandes voix de la poésie arabe, dont Abdelwahab Al-Bayati, Adonis, Ahmed Abdelmoati Hijazi, Salah Ahmed Ibrahim, Mamdouh Adwan, Nouri Al-Jarrah, Moncef Ouhaïbi, Ahmed El Mejjati, Mohamed El Ghazi, Salah Stétié, Mohamed El Fitouri, Fayçal Jassem, Ali Skalli, Souleimane Al-Issa et Abbas Beydoun.

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