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Le Théâtre Espagnol de Tétouan a accueilli, vendredi, la première soirée musicale du festival « Andalousies de la Méditerranée » dans une ambiance festive et artistique remarquable qui a reflété la richesse et la diversité du patrimoine musical marocain en mêlant chant andalou et Hadra chefchaounie.
Cette soirée, la première du festival organisé à l’initiative de la Fondation Abdelkader Sedraoui en partenariat avec la commune, la préfecture et le conseil provincial de Tétouan ainsi que l’Agence pour la promotion et le développement des provinces du Nord, a été marquée par la présence notamment d’André Azoulay, conseiller de Sa Majesté le Roi et président fondateur de l’Association Essaouira-Mogador, ainsi que de personnalités du monde culturel, artistique et académique.
Elle a été marquée par une performance conjointe de l’Ensemble Mohamed Larbi Temsamani de Tétouan, dirigé par Mohamed El Amine El Akrami, et du groupe de la Hadra de Chefchaouen, conduit par l’artiste Rhoum El Baqqali.
Cette expérience musicale a conjugué l’authenticité de la musique andalouse marocaine à la profondeur spirituelle de la Hadra chefchaounie, conférant à la soirée une dimension à la fois artistique et mystique en parfaite résonance avec la vocation du festival qui célèbre le patrimoine andalou méditerranéen.
À travers cette œuvre intitulée « Jalsa Rouhiya » (Session spirituelle), présentée en avant-première nationale, les deux ensembles ont tissé un dialogue artistique subtil entre deux expressions musicales issues de la mémoire culturelle marocaine, où maqams et tubû’ andalous se sont mêlés aux rythmes et à l’atmosphère recueillie de la Hadra chefchaounie, composant un tableau musical d’une grande cohérence.
Cette soirée a ainsi été l’occasion de célébrer la musique andalouse et ses expressions patrimoniales devant un public nombreux et conquis par des performances artistiques révélatrices de la richesse du legs musical andalou et spirituel marocain.
La soirée a, par ailleurs, été l’occasion de rendre un hommage appuyé au chercheur et écrivain Kaiss Ben Yahya, ainsi qu’à El Mehdi Ezzouak, directeur de l’Institut national des beaux-arts de Tétouan, en reconnaissance de leurs contributions à la culture, aux arts et au patrimoine, et de leur engagement en faveur des initiatives visant à préserver la mémoire collective et à renforcer le rayonnement civilisationnel de la ville de Tétouan.
Dans une déclaration à la MAP, Rhoum El Baqqali, fondatrice de l’Ensemble féminin de la Hadra Chefchaounia, a indiqué que sa participation à cette deuxième édition du festival constituait une occasion privilégiée de dévoiler la création inédite « Jalsa Rouhiya » au public tétouanais.
Élaborée en collaboration avec El Amine El Akrami, « Jalsa Rouhiya » se veut un tableau patrimonial marocain complet, fruit d’un travail minutieux tant sur le plan vocal que vestimentaire et esthétique, a-t-elle relevé.
Et d’ajouter que cette création s’articule autour d’invocations et de louanges au Prophète et célèbre les valeurs de vertu, de beauté et d’amour en puisant sa substance musicale dans plusieurs tubû’ et maqams.
Pour sa part, le directeur du festival « Andalousies de la Méditerranée », Mohamed El Mouni, a souligné que cette deuxième édition, qui s’inscrit dans la continuité du succès de la précédente, se distingue par la richesse et la diversité de sa programmation alliant volets artistique, culturel et initiatives à caractère social.
Le programme du premier jour du festival a également inclus l’inauguration d’une exposition d’arts plastiques intitulée « Touches de Tétouan » de l’artiste Said Habicha, ainsi que l’organisation d’une conférence sur l’histoire de la ville de Tétouan dans le domaine du dialogue et de la coexistence.
Le programme comprend aussi des initiatives d’embellissement et de réhabilitation de plusieurs espaces dans les anciens quartiers de Tétouan, notamment « Bab El Okla » et « Sqala », dans le but de préserver l’esthétique de la ville et de mettre en exergue son cachet patrimonial authentique.
Cette édition consacre également l’instauration d’une nouvelle tradition, à savoir la « Journée locale du costume traditionnel andalou de Tétouan », au cours de laquelle les participants, revêtus de tenues traditionnelles, déambuleront à travers les espaces de la ville au rythme de morceaux musicaux et folkloriques, offrant aux habitants comme aux visiteurs l’occasion d’interagir avec le patrimoine local.
