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Le renforcement des capacités constitue un levier essentiel pour accompagner la transition vers une économie bas-carbone et favoriser une croissance résiliente en Afrique, ont souligné, lundi à Casablanca, les intervenants à l’ouverture du CASI Sustainability Forum.
Initié par CASI (Capacity-building Alliance of Sustainable Investment) et Bank of Africa, avec le soutien de Casablanca Finance City Authority (CFCA) et du Policy Center for the New South (PCNS), ce forum a été l’occasion pour le directeur de la supervision bancaire à Bank Al-Maghrib (BAM), Nabil Badr, de relever que le continent africain est confronté à un paradoxe climatique, contribuant le moins aux émissions mondiales de gaz à effet de serre tout en subissant de plein fouet les effets du changement climatique, notamment les sécheresses prolongées, les inondations, la raréfaction des ressources hydriques et les vagues de chaleur.
L’Afrique, a-t-il poursuivi, aura besoin de près de 2.800 milliards de dollars à l’horizon 2030 pour mettre en œuvre ses Contributions déterminées au niveau national (CDN), estimant que les finances publiques ne pourront à elles seules couvrir ces besoins, d’où l’impératif d’une plus forte mobilisation du secteur privé et des investissements durables.
M. Badr a mis en avant les initiatives engagées par BAM dans ce domaine, citant notamment la feuille de route pour la finance durable lancée à l’occasion de la COP22 de Marrakech, la Stratégie nationale de financement climatique à l’horizon 2030 publiée en 2024, ainsi que les différentes directives prudentielles visant l’intégration des risques climatiques dans la supervision bancaire et le renforcement de la transparence conformément aux standards internationaux.
De son côté, le Fellow du Cambridge Institute for Sustainability Leadership (CISL) et co-président du comité de pilotage des Green Investment Principles (GIP), Michael Sheren, a indiqué que le développement des compétences est une condition indispensable à la réussite de la transition énergétique mondiale, dans un contexte marqué par l’évolution rapide des technologies, des réglementations et des mécanismes de financement vert.
Les énergies renouvelables ont représenté 93% des nouvelles capacités énergétiques installées dans le monde l’année dernière, a-t-il rappelé, faisant remarquer que l’énergie solaire constitue l’une des transformations économiques les plus importantes actuellement à l’œuvre au niveau mondial.
M. Sheren a mis l’accent sur les opportunités offertes à l’Afrique grâce à son important potentiel solaire, considérant que le continent dispose des atouts nécessaires pour réaliser un nouveau saut économique en s’appuyant sur les énergies renouvelables, les batteries de stockage, l’électrification des transports, ainsi que le développement futur de chaînes d’approvisionnement régionales en hydrogène vert à destination notamment du marché européen.
Organisé sous le thème « Renforcer les capacités pour l’avenir de la finance durable en Afrique », CASI Sustainability Forum réunit des décideurs publics, régulateurs, institutions financières, investisseurs et experts autour des enjeux de la finance durable et de la transition climatique en Afrique.
