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Fès n’a pas dormi. Dans la nuit de lundi à mardi, la capitale spirituelle du Royaume a vibré au rythme d’une joie débordante après l’exploit des Lions de l’Atlas, qualifiés pour les huitièmes de finale de la Coupe du Monde 2026, grâce à une victoire éclatante face aux Pays-Bas, l’un des grands favoris de la compétition.
Quelques instants après le coup de sifflet final, les rues de la ville se sont transformées en un immense théâtre de célébration. Des remparts de la médina aux grandes artères de la ville nouvelle, des centaines de drapeaux rouges frappés de l’étoile verte flottaient dans la douceur de cette nuit de juin, tandis que les klaxons et les chants patriotiques composaient une véritable symphonie populaire.
À Bab Boujloud, cœur battant de la ferveur footballistique depuis le début du tournoi, la fan zone a été littéralement prise d’assaut. Des milliers de supporters, venus en famille ou entre amis, ont partagé chaque émotion d’un match qui restera à jamais gravé dans les mémoires.
À chaque action, à chaque but, une explosion de joie secouait la place, avant que la fin de la séance des tirs au but (3-2) ne libère une vague d’émotion collective rarement observée.
L’exploit est d’autant plus retentissant qu’il a été réalisé avec autorité. Face à une sélection néerlandaise annoncée parmi les prétendants au sacre mondial, les hommes de Mohamed Ouahbi ont livré une prestation d’une remarquable maîtrise, alliant rigueur défensive, intensité dans le pressing et efficacité offensive. Une démonstration qui confirme l’installation durable du Maroc parmi les grandes nations du football mondial.
Dans toute la ville, les cafés sont restés ouverts jusqu’aux petites heures du mardi.
Sur l’avenue Hassan II, dans les quartiers populaires ou encore à la médina, les écrans continuaient de diffuser les images de la rencontre, pendant que les discussions refaisaient le match. Chacun y allait de son analyse, saluant autant les exploits individuels que la solidarité et la maturité collective affichées par les Lions de l’Atlas.
L’émotion était perceptible sur tous les visages. Des enfants, le visage peint aux couleurs nationales, couraient derrière les cortèges de voitures. Des jeunes, drapés du drapeau marocain, chantaient à pleins poumons. Les plus anciens savouraient ce moment avec une fierté teintée de nostalgie, conscients d’assister à une nouvelle page de l’histoire du football national.
Cette qualification résonne également comme l’aboutissement d’un projet construit avec patience. Après l’épopée historique du Mondial 2022, le football marocain confirme, une nouvelle fois, que ses performances ne relèvent plus de l’exploit isolé mais d’une dynamique durable, portée par une génération talentueuse et un travail de formation reconnu à l’échelle internationale.
À Fès, cette nuit qui se prolonge aux petites heures du mardi restera longtemps gravée dans les mémoires. Une nuit où toute une ville s’est retrouvée derrière son équipe nationale, portée par une même émotion et une même conviction : ces Lions de l’Atlas ont encore de grandes pages à écrire.
