L’amont textile et l’économie circulaire, leviers stratégiques de transformation de l’industrie textile

Dpress
Le développement de l’amont textile et l’essor de l’économie circulaire constituent deux leviers stratégiques pour accélérer la transformation du textile marocain, renforcer son intégration industrielle et consolider sa compétitivité à l’international, a affirmé, mardi à Casablanca, le président de l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (AMITH), Anass El Ansari.
« Notre industrie textile a démontré ces dernières années sa résilience et sa capacité d’adaptation. Mais pour franchir une nouvelle étape de développement, nous devons aujourd’hui accélérer la transformation de notre modèle industriel. Cette transformation passe d’abord par le développement de l’amont textile », a dit M. El Ansari à l’ouverture du 23ème Salon international des technologies du textile et de l’habillement, des solutions d’impression et des innovations en tissus et fils (Morocco Stitch&Tex), qui s’est déroulée en présence notamment du secrétaire général du ministère de l’Investissement, de la Convergence et de l’Évaluation des Politiques Publiques, Brahim Benmoussa.
Il a estimé que les investissements, récemment annoncés dans l’amont textile, témoignent de l’attractivité croissante du Maroc auprès des industriels internationaux, préconisant la mise en place de mécanismes d’accompagnement capables d’encourager davantage les investissements productifs dans l’innovation, la technologie, la décarbonation et la modernisation des équipements.
Parallèlement, M. El Ansari a indiqué que le textile circulaire offre désormais une opportunité majeure pour les industriels, affirmant que le Maroc dispose de nombreux atouts pour devenir un acteur majeur de recyclage textile, de l’économie circulaire en Méditerranée.
Et de soutenir : « Notre ambition est de transformer progressivement le Maroc d’une plateforme d’excellence de confection en un véritable hub méditerranéen du textile circulaire, capable d’intégrer le recyclage, les fibres, la valorisation des déchets textiles, la production de matières recyclées et le développement de nouveaux modèles industriels durables ».
D’après le président de l’AMITH, cette vision est pleinement cohérente avec les attentes des grandes marques internationales qui cherchent aujourd’hui des partenaires capables de conjuguer compétitivité, proximité et durabilité.
De son côté, le directeur général de MarocPME, Anouar Alaoui Ismaili, a souligné le caractère stratégique du secteur textile pour l’économie nationale, rappelant qu’il regroupe plus de 1.600 entreprises et génère chaque année plusieurs dizaines de milliards de dirhams d’exportations.
Pour lui, si l’aval textile marocain a démontré au fil des années sa compétitivité et sa capacité à répondre aux exigences des marchés internationaux, le véritable défi aujourd’hui consiste à renforcer l’amont textile, considéré comme un levier essentiel de souveraineté industrielle.
Le développement de l’amont textile permettra d’accroître la production locale, de renforcer l’intégration industrielle, de réduire certaines dépendances extérieures et de sécuriser les approvisionnements, afin de capter une part plus importante de la valeur ajoutée tout au long de la chaîne de production, a expliqué M. Ismaili, ajoutant que le but est de bâtir un écosystème textile intégré, associant de manière complémentaire les différentes composantes de la chaîne de valeur (matières premières, transformation, confection, impression, finition, logistique et commercialisation).
Évoquant le rôle de MarocPME, il a rappelé que l’agence accompagne depuis plus de vingt ans les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) marocaines dans leurs projets de transformation, de modernisation et de croissance.
M. Ismaili a mis en avant le Pacte TPME, lancé en avril dernier dans le cadre de la stratégie « Orbit 2030 », qui propose une approche intégrée couvrant la performance industrielle, la qualité et la certification, la transformation digitale, la décarbonation, l’efficience des ressources, la restructuration, la transmission et l’accélération de la croissance.
Ces dispositifs visent à améliorer la productivité et la compétitivité des entreprises, à faciliter leur accès aux standards internationaux et à renforcer leur intégration dans les chaînes de valeur mondiales, a-t-il fait savoir, notant que l’objectif est de faire émerger une nouvelle génération d’entreprises industrielles marocaines plus innovantes, plus performantes et davantage intégrées aux écosystèmes productifs nationaux et internationaux, tout en consolidant la position du Maroc comme plateforme industrielle de référence.
Organisé sous l’égide du ministère de l’Industrie et du Commerce, ce salon de trois jours se tient sur une superficie d’environ 4.000 m2 et réunit 120 exposants représentant cinq pays, à savoir le Maroc, l’Italie, la Chine, la Turquie et l’Égypte.



