Dpress.ma/fr

FIDADOC: “Du Soleil et du Plomb” favorise le dialogue entre les acteurs impliqués dans la transition énergétique

Dpress

 À travers son film « Du Soleil et du Plomb », Jérôme le Maire a dit vouloir favoriser le dialogue entre les différents acteurs impliqués dans la transition énergétique et contribuer à une réflexion collective sur les modèles de développement à privilégier face aux défis climatiques et sociaux contemporains.

Dans un entretien accordé à la MAP à l’occasion de la participation de son film à la compétition officielle du 17e Festival international du film documentaire d’Agadir (FIDADOC), le réalisateur a relevé que si le soleil et le vent sont des ressources renouvelables, leur exploitation nécessite des infrastructures et des matériaux dont l’extraction et la fabrication ont des conséquences environnementales, sociales et économiques qui doivent être prises en compte dans le débat public.

Pour Jérôme le Maire, ce documentaire « met en lumière le sort de certaines familles nomades du Maroc dont le mode de vie a été profondément bouleversé par ces transformations ».

Interrogeant, au fil de son œuvre, les contradictions de la transition énergétique et les impacts réels des projets d’énergies renouvelables sur les territoires et les communautés qui y vivent, il a relevé que les espaces destinés à accueillir ces infrastructures sont souvent considérés comme des terrains vacants alors qu’ils constituent des écosystèmes vivants où coexistent populations, faune et flore.

Dans ce sens, le réalisateur a souligné que certains habitants se sont retrouvés à travailler dans des mines de plomb, illustrant ainsi l’un des paradoxes de la transition énergétique, qui repose sur l’extraction de ressources nécessaires à la fabrication des batteries, des panneaux photovoltaïques et d’autres équipements.

Selon Jérôme le Maire, ces solutions technologiques ne doivent pas occulter leurs effets sur les territoires, les ressources naturelles et les populations concernées, plaidant pour une approche plus lucide de la transition énergétique, prenant en compte de l’ensemble de ses impacts.

De même, il a alerté contre les risques liés à une consommation énergétique croissante, notamment sous l’effet du développement des infrastructures numériques et des centres de données, ainsi que contre certaines formes de « néocolonialisme énergétique », lorsque des territoires sont mobilisés pour produire de l’énergie destinée principalement à l’extérieur.

Et de faire observer que la confiance établie avec les personnes concernées, basée sur une approche fondée sur l’écoute, demeure essentielle à l’authenticité du documentaire.

Pour rendre ces réalités plus visibles à l’écran, le réalisateur a expliqué s’être inspiré du western, notamment à travers des plans larges et un format cinémascope qui rappellent les paysages de la ruée vers l’or. Il a décrit cette dynamique comme une « ruée vers l’or vert », établissant un parallèle entre le développement actuel des projets énergétiques dans les zones désertiques et les anciennes logiques de conquête et d’exploitation des grands espaces, souvent mises en scène dans le cinéma western.

Quitter la version mobile