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Des experts et responsables financiers internationaux ont souligné, vendredi à Marrakech, que la réussite des efforts visant à attirer les investissements privés et à sécuriser les corridors commerciaux passe par l’accélération des transitions énergétique et numérique, l’investissement dans le capital humain et la mise en œuvre de réformes structurelles consensuelles à même de réduire les risques liés aux fluctuations politiques.
Intervenant lors d’un panel consacré aux « défis mondiaux de l’intégration économique, du libre-échange et de la dette publique », organisé dans le cadre du 4e Forum Parlementaire économique de Marrakech pour la région euro-méditerranéenne et du Golfe, les participants ont estimé que les défis liés à l’inflation, au coût élevé du capital et aux insuffisances des infrastructures nécessitent un engagement politique fort garantissant la visibilité et la prévisibilité des politiques économiques.
Dans ce contexte, le vice-président de la division Afrique du Nord au sein du Fonds monétaire international (FMI), Brett Rayner, a relevé que les chocs géopolitiques successifs ont profondément perturbé l’économie mondiale, avec des répercussions sur le transport aérien, l’assurance maritime et la sécurité alimentaire, notamment dans les pays à faible revenu.
Il a fait savoir que l’intégration économique et les corridors commerciaux sont désormais étroitement liés à la résilience des économies et à la diversification des voies de connectivité, citant le secteur automobile et le complexe portuaire de Tanger Med comme illustration de l’importance de la stabilité, des infrastructures et du capital humain dans l’attraction des investissements.
Pour sa part, le directeur de la division des pays du Conseil de coopération du Golfe à la Société financière internationale (IFC), Abdullah Jefri, a indiqué que les flux d’investissement s’orientent vers les économies capables d’offrir un environnement stable et prévisible, mettant en avant l’importance d’une gestion rigoureuse de la dette publique, de la stabilité des politiques publiques et du développement de projets bancables, notamment dans le cadre des partenariats public-privé.
De son côté, la représentante de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Violeta Gonzalez, a appelé à accélérer la réforme de l’organisation afin de mieux intégrer les transformations numériques et environnementales et de renforcer l’efficacité du système commercial multilatéral.
Le président fondateur de la société Sterling Asset Management, Badr Alioua, a quant à lui relevé que les facteurs géopolitiques sont devenus un déterminant majeur des décisions d’investissement et de l’allocation des actifs, dans un contexte marqué par une volatilité accrue des marchés financiers et une sensibilité croissante aux évolutions internationales.
Lui emboîtant le pas, le directeur de la stratégie, du pilotage et de la coordination au ministère du Transport et de la Logistique, Adil Bahi, a souligné que l’amélioration de la connectivité et des transports constitue un levier essentiel pour renforcer la compétitivité économique, réduire les coûts logistiques et créer des emplois, mettant en exergue les principaux défis auxquels le secteur est confronté, notamment le déficit structurel aigu des infrastructures de transport en Afrique ainsi que les enjeux liés à la transition énergétique.
Placée sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI, la 4e édition de ce Forum organisée par la Chambre des conseillers et l’Assemblée parlementaire de la Méditerranée, s’inscrit dans la dynamique engagée depuis sa création pour faire émerger un espace parlementaire économique de référence dans la région euro-méditerranéenne et du Golfe.
Ce forum vise à favoriser le dialogue et la concertation entre parlementaires, décideurs et acteurs économiques autour des enjeux de développement et des questions économiques d’intérêt commun. Les discussions de cette édition portent notamment sur l’intégration économique, la stimulation de l’investissement dans l’intelligence artificielle et le renforcement des opportunités d’emploi durable.
L’ordre du jour comprend également une session spéciale consacrée à l’Afrique sous le thème « La Zone de libre-échange continentale africaine et l’intégration des chaînes de valeur euro-africaines : vers un espace intégré de coproduction, d’investissement et de résilience économique », avec la participation de responsables gouvernementaux et de parlementaires.
