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Microfinance: La transformation institutionnelle et digitale au cœur d’un séminaire à Casablanca

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 Les enjeux de la transformation institutionnelle et digitale du secteur de la microfinance ont été au centre d’un séminaire organisé, jeudi à Casablanca, à l’initiative du Centre Mohammed VI de Soutien à la Microfinance Solidaire (CMS), avec la participation de responsables d’institutions de microfinance, d’experts ainsi que de partenaires nationaux et africains.

Placée sous le thème « La transformation institutionnelle et digitale du secteur de la microfinance : innover aujourd’hui pour un impact durable demain », cette rencontre a permis d’échanger autour des mutations que connaît le secteur et des leviers nécessaires à son adaptation aux nouveaux enjeux économiques, technologiques et sociaux.

S’exprimant lors de l’ouverture, la présidente du Conseil d’administration du CMS, Naziha Belkeziz, a souligné que la transformation institutionnelle du secteur de la microfinance ne constitue pas une option conjoncturelle, mais vient répondre à une exigence structurelle.

Elle a expliqué que cette transformation porte notamment sur le renforcement des dispositifs de gouvernance et de pilotage, l’amélioration de la soutenabilité des modèles économiques, la modernisation des cadres de gestion des risques ainsi que la consolidation des mécanismes de supervision et de transparence.

Parallèlement, Mme Belkeziz a estimé que la transformation digitale doit être appréhendée comme « un instrument au service de la transformation institutionnelle », relevant qu’elle contribuera à améliorer la qualité de l’information et des systèmes de pilotage, à renforcer la traçabilité et la transparence des opérations et à optimiser l’efficacité des processus opérationnels.

« Mais elle ne pourra produire ses effets que lorsqu’elle s’inscrira dans un cadre institutionnel structuré et stable. La technologie ne remplace pas les institutions, elle les renforce lorsqu’elles sont solides », a-t-elle insisté.

Prenant la parole au nom de la Fondation Mohammed V pour la Solidarité, Taoufik Triqui, chargé de mission au Cabinet Royal, a, pour sa part, souligné que la microfinance « ne se réduit pas à un mécanisme de financement ».

« Elle est surtout un outil de proximité, de confiance et d’autonomisation permettant à des femmes et des hommes de transformer une idée en activité, et une activité en source de revenus et de stabilité », a-t-il noté, ajoutant que cette vision est « pleinement en cohérence avec les hautes orientations Royales qui placent le développement humain, la réduction des inégalités et la promotion de la solidarité active au cœur du modèle de développement national ».

M. Triqui a également indiqué que le secteur entre aujourd’hui « dans une phase charnière de son développement », relevant que la transformation digitale et institutionnelle ouvre des perspectives majeures en matière d’amélioration de l’accès aux services, de simplification des parcours des bénéficiaires, de meilleure traçabilité des dispositifs et de renforcement de l’efficacité des actions d’inclusion.

Il a toutefois souligné que « cette transformation ne peut être uniquement technologique, elle doit être avant tout humaine et équitable », précisant que « la microfinance reste avant tout un puissant levier d’inclusion ».

La directrice générale du CMS, Amina Sakioudi, a, quant à elle, soulevé que le secteur de la microfinance au Maroc a « profondément transformé la vie de millions de citoyens », permettant à « des femmes, des jeunes, des artisans, des et commerçants, d’accéder à une première marche vers l’autonomie économique ».

Toutefois, a-t-elle relevé, le secteur se trouve aujourd’hui « à un moment clé », marqué par l’évolution des besoins, des territoires et des usages, ainsi que par des attentes accrues en matière de rapidité, de simplicité et de proximité.

En effet, Mme Sakioudi a estimé que la transformation institutionnelle et digitale constitue désormais une nécessité, appelant à l’aborder « avec lucidité ».

« Transformer ne signifie pas rompre avec ce qui a fait la force du secteur. Transformer signifie adapter, renforcer et projeter », a-t-elle affirmé, précisant que la transformation institutionnelle implique notamment de renforcer la gouvernance des institutions de microfinance, d’améliorer leur efficacité opérationnelle et de consolider leur résilience face aux nouveaux risques.

Quant au digital, elle a insisté sur le fait qu’il « ne doit pas être réduit à une modernisation technique » et qu’il doit « inclure, pas exclure », « rapprocher, pas éloigner » et « servir, pas remplacer ».

De son côté, le président de la Fédération nationale des associations de microcrédit (FNAM), Ahmed Ghazali, a mis en avant l’importance du cadre institutionnel dans le développement du secteur, saluant les efforts déployés par les différents acteurs pour accompagner cette évolution.

Dans une allocution lue en son nom par le délégué général de la Fédération, Mohamed El Mazouri, M. Ghazali a mis en exergue la volonté des institutions de microfinance d’accompagner les mutations en cours, dans le cadre d’une réflexion collective sur les évolutions institutionnelles nécessaires au renforcement de leur viabilité et de leur impact.

Lors de ce séminaire, plateforme de dialogue consacrée aux défis et aux perspectives de développement de la microfinance au Maroc, les discussions ont notamment porté sur la transformation institutionnelle, la digitalisation des services financiers, l’innovation au service de l’inclusion financière ainsi que l’évolution des modèles de gouvernance.

Le programme de cette demi-journée a porté sur des interventions d’experts de haut niveau, de représentants d’institutions partenaires et de décideurs du secteur, dont le président du Kenya Microfinance Program, Albert Kimanthi Mukiwa, la présidente de l’Association professionnelle des Systèmes financiers décentralisés du Bénin, Valentine Adoukonou, et le directeur général de l’Autorité de contrôle et de la microfinance en Tunisie, Mahmoud Montassar Mansour.

Créé à l’initiative de la Fondation Mohammed V pour la Solidarité, le Centre Mohammed VI de Soutien à la Microfinance Solidaire est une institution dédiée à l’accompagnement du secteur de la microfinance au Maroc à travers des actions de formation, d’assistance technique, de partage des connaissances, de coopération institutionnelle et d’accompagnement des micro-entrepreneurs.

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