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Les bibliothèques nationales africaines, leviers de souveraineté informationnelle

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Les bibliothèques nationales africaines doivent s’ériger en des institutions stratégiques à même de jouer un rôle de premier plan dans la souveraineté informationnelle et le développement durable à l’échelle du continent, ont indiqué, jeudi à Rabat, les participants à un panel organisé dans le cadre du Forum des bibliothèques nationales africaines.

Tenu sous le thème « Bibliothèques nationales africaines : des institutions au cœur des objectifs du développement durable », ce panel a été l’occasion de mettre en lumière les enjeux de coopération entre les bibliothèques nationales africaines à l’ère de la transformation numérique et des mutations des systèmes de production et de circulation du savoir.

Intervenant à cette occasion, le Directeur de l’École des Sciences de l’Information (ESI), Salah Eddine Bahji, a mis en avant la reconnaissance, par les instances internationales, du rôle des bibliothèques nationales dans la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD), ainsi que la manière dont ces institutions contribuent à la réalisation de ces objectifs.

M. Bahji a, dans ce sens, précisé que les bibliothèques nationales ne peuvent plus être considérées comme de simples institutions patrimoniales, mais plutôt des infrastructures nationales dédiées à la connaissance, dans un contexte marqué par l’explosion des données, la révolution numérique, la désinformation et la fracture numérique.

Dans le cadre de l’Agenda 2030 des Nations Unies, il a indiqué que les bibliothèques nationales sont désormais reconnues par l’UNESCO et la Fédération internationale des associations et institutions de bibliothèques (IFLA) comme des acteurs essentiels du développement durable et de la souveraineté informationnelle en Afrique, précisant que plusieurs ODD, tels que l’éducation de qualité, la réduction des inégalités ou encore la paix et la justice, placent directement l’accès à l’information au cœur des politiques de développement.

Il a, dans ce sens, mis en relief les contributions majeures des bibliothèques nationales africaines dans la réalisation de ces ODD, à travers la garantie d’un accès démocratique au savoir face aux fractures informationnelles, la préservation du patrimoine et des identités culturelles, ainsi que le soutien à la recherche, à l’innovation et à la science ouverte, affirmant que l’accès à l’information constitue inéluctablement « un droit fondamental et un levier central de développement ».

M. Bahji a, toutefois, mis en garde contre plusieurs défis structurels auxquels font face les bibliothèques nationales africaines, liés au financement, aux compétences techniques, à la numérisation du patrimoine documentaire et à la visibilité de ces institutions dans les politiques publiques, proposant, à cet égard, une vision africaine à l’horizon 2030 axée notamment sur l’accélération de la transition numérique, le renforcement des compétences en intelligence artificielle, la création d’indicateurs précis pour mesurer l’impact réel des bibliothèques sur les ODD et la construction d’un réseau africain intégré des bibliothèques nationales fondées sur l’interopérabilité et le partage des ressources.

Pour sa part, la présidente de l’Association internationale francophone des bibliothécaires et documentalistes (AIFBD), Danielle Dufour Coppolani, a mis en avant le rôle des associations internationales opérant dans le domaine des sciences de l’information dans le renforcement de l’accès au savoir, à travers le plaidoyer, la formation continue, la normalisation des pratiques professionnelles et la création de réseaux de solidarité, soulignant que ces structures ont permis à de nombreuses institutions de rejoindre un mouvement mondial de coopération et d’échange de connaissances.

Dans ce sens, Mme Coppolani a souligné la nécessité d’une coopération inclusive fondée sur la co-construction des priorités, la réciprocité des échanges et la valorisation des savoirs locaux et des langues africaines, afin de garantir une véritable souveraineté du savoir, appelant à une refonte « plus juste » de la coopération internationale où les bibliothèques africaines s’érigent en véritables co-auteurs de la gouvernance mondiale du savoir.

En marge de cet évènement, tenu du 10 au 11 juin, les participants avaient assisté à l’inauguration du Centre africain des savoirs et de l’innovation documentaire (CASID), une plateforme dédiée à l’information, à la documentation, à la transformation numérique et à l’ouverture de l’Espace international de coopération documentaire, ainsi qu’au vernissage de l’exposition « La mémoire en partage, d’une institution à un continent ».

Le forum a été également ponctué par plusieurs panels consacrés notamment à la numérisation du patrimoine documentaire africain, à l’accès au savoir à l’ère numérique, au développement des infrastructures documentaires ainsi qu’au renforcement de la coopération entre les bibliothèques nationales africaines.

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