Dpress
Les travaux d’un colloque international consacré à la vie et à l’œuvre de l’érudit soufi tijani sénégalais Cheikh soufi El Hadj Abdallah Ibn Sayyid Mouhammad Niass se sont ouverts, samedi à Dakar, à l’initiative de la Commission des conférences et du patrimoine intellectuel de la Fayda (Tijania), en partenariat avec le Projet d’écriture de l’Histoire générale de la Fayda.
Cette rencontre, organisée sous le thème « Au confluent de la Loi et de la Voie : la vie et l’œuvre d’El Hadj Abdoulaye Ibn Sidi Mouhammad Niass », réunit une pléiade de savants, de chercheurs, de théologiens et d’érudits venus de divers horizons.
S’exprimant à l’ouverture de ce colloque placé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Moukhtar Cissé, a souligné que cette thématique invite à revisiter le parcours d’une grande figure de savoir, de piété, d’éducation et de transmission.
M. Cissé a indiqué qu’El Hadj Abdoulaye Niass, à travers son savoir, son enseignement et son autorité morale, a façonné un héritage dépassant largement les cadres familial et national, relevant qu’il fut le père, le maître et l’éducateur qui a préparé l’éclosion de l’une des plus grandes figures spirituelles du XXe siècle africain, Cheikh Al Islam El Hadj Ibrahima Niass.
« La Fayda constitue l’une des grandes expressions du rayonnement spirituel sénégalais et a permis au Sénégal d’occuper une place singulière dans le monde musulman », a poursuivi le ministre sénégalais.
Pour sa part, l’ambassadeur du Maroc au Sénégal, Hassan Naciri, a rappelé que le Royaume du Maroc et la République du Sénégal entretiennent des relations historiques et spirituelles exceptionnelles, forgées au fil des siècles à travers des échanges scientifiques, religieux et culturels.
Ces relations constituent un modèle remarquable d’interaction civilisationnelle dans l’espace islamique africain, a-t-il affirmé, notant que les savants et maîtres spirituels des deux pays ont contribué à l’édification de ce patrimoine commun à travers les voyages d’étude, les échanges d’ijazat (autorisations d’enseignement) et le renforcement des liens d’éducation spirituelle.
Les Souverains de la glorieuse dynastie alaouite ont, de génération en génération, veillé à consolider et à préserver ces liens dans le respect des constantes religieuses fondées sur le rite malékite, la doctrine ach’arite et le soufisme sunnite, a poursuivi le diplomate marocain, indiquant que l’hommage rendu à Cheikh El Hadj Abdoulaye Niass revêt une portée scientifique et spirituelle particulière, comme il illustre la place éminente qu’occupe Cheikh Niass dans la mémoire religieuse et culturelle du Sénégal et de l’Afrique de l’Ouest.
« Il ne fut pas seulement un savant parmi d’autres, mais le fondateur d’une école intellectuelle et spirituelle ayant profondément marqué la conscience religieuse du Sénégal et de l’Afrique de l’Ouest », a-t-il affirmé, ajoutant que le défunt a contribué à l’enracinement de la voie tijanie dans la région ainsi qu’à la formation de générations de savants, d’éducateurs et de prédicateurs, faisant de son école l’une des plus influentes dans l’espace islamique africain.
Cette rencontre ne célèbre pas uniquement une figure historique, mais également un itinéraire intellectuel et spirituel vivant dont l’influence demeure perceptible aujourd’hui encore, a relevé l’ambassadeur, rappelant, dans ce cadre, la visite de Cheikh El Hadj Abdoulaye Niass au Maroc au début du XXe siècle et qui constitue une étape importante de son parcours scientifique et spirituel.
« Fès n’a jamais été, dans la conscience tijanie au Sénégal, une simple ville de savoir, mais un centre de référence spirituelle pour le renouvellement du lien avec la chaîne initiatique tijanie bénie », a tenu à préciser le diplomate marocain considérant que ces relations ont permis l’établissement de solides ponts d’amitié et de coopération spirituelle entre les savants du Maroc et du Sénégal, à travers les échanges de connaissances, la correspondance scientifique et la complémentarité des rôles dans la transmission du savoir religieux.
De son côté, le représentant du comité d’organisation du colloque, Cheikh Mouhamed Samb, a indiqué que depuis 2020, l’Agence pour l’Histoire générale de la Fayda Tijania a mené d’importants travaux de recherche ayant permis la publication de seize ouvrages en langue arabe consacrés à El Hadj Abdoulaye Niass.
Certains de ces ouvrages ont été traduits en français et en anglais, a-t-il noté, ajoutant que ce colloque constitue un jalon majeur dans le parcours de l’Agence pour l’Histoire générale de la Fayda Tijania.
Cette rencontre de deux jours porte sur plusieurs thématiques liées à l’héritage intellectuel et spirituel de Cheikh El Hadj Abdoulaye Niass, à l’école niassène, aux relations spirituelles entre le Sénégal et le Maroc ainsi qu’à l’histoire et au rayonnement de la Fayda Tijania.
