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Les plateformes numériques sont appelées à démonétiser la désinformation, tout en préservant les libertés, a souligné, lundi à Abidjan, Latifa Akharbach, présidente de la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA).
“Le Maroc considère que la régulation du numérique ne doit ni entraver l’innovation technologique ni limiter les libertés fondamentales. Elle doit, en revanche, renforcer la transparence, la traçabilité des sources d’information et la responsabilité des plateformes numériques”, a affirmé Mme Akhrabach qui prend part aux travaux d’une conférence internationale organisée conjointement par le Réseau des Instances Africaines de Régulation de la Communication (RIARC) et le Réseau Francophone des Régulateurs des Médias (REFRAM), sur le thème “Intelligence artificielle, réseaux sociaux et liberté de communication : enjeux de régulation”.
Dans ce sens, Mme Akharbach a réitéré la position du Maroc qui demeure attaché à un espace numérique ouvert, fondé sur la liberté d’expression, l’innovation et la liberté du marché, rappelant que, bien que régulièrement visé par des campagnes de désinformation massive, le Royaume a toujours respecté la liberté d’internet.
A ses yeux, la protection de la liberté d’expression à l’ère du numérique se joue désormais sur deux fronts : celui, traditionnel, des relations entre l’État, les médias et le citoyen, mais aussi celui, plus récent, des infrastructures numériques qui structurent l’accès à l’information et influencent le débat public.
La présidence de la HACA a estimé que l’absence de transparence sur l’origine des contenus constitue une menace pour le libre choix des citoyens et leur droit à une information fiable, appelant dans ce contexte, les grandes plateformes numériques à assumer pleinement leurs responsabilités en matière de lutte contre la désinformation.
“Les plateformes disposent des moyens techniques nécessaires pour identifier et priver de revenus publicitaires les sites, comptes et contenus qui prospèrent grâce à la désinformation, à l’usurpation d’identité médiatique ou à d’autres formes de manipulation de l’information”, a-t-elle ajouté.
Et de poursuivre que pour la HACA, la démonétisation de la désinformation constitue aujourd’hui un levier essentiel pour assainir l’espace informationnel, sans remettre en cause ni la liberté d’expression ni la liberté économique.
Placée sous le thème : “Intelligence artificielle, réseaux sociaux et liberté de communication : Enjeux de régulation”, la conférence d’Abidjan réunit une vingtaine d’instances de régulation africaines et francophones, ainsi que des représentants des principales plateformes numériques.
Son objectif est de poursuivre le dialogue sur une régulation équilibrée et adaptée aux transformations induites par l’intelligence artificielle dans le secteur des médias.
Mme Akharbach est accompagnée d’une délégation composée de M. Yassir Ghorbal et Mme Fatima Baroudi, membres du Conseil Supérieur de la Communication Audiovisuelle, ainsi que de M. Talal Salahdine, manager des Affaires africaines et internationales de la HACA.
