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Le Maroc a mis en avant, à l’occasion de la célébration de la Journée de l’Afrique à Buenos Aires, la dynamique d’une Afrique en pleine transformation et son ambition de consolider des partenariats équilibrés fondés sur le développement partagé, la coopération Sud-Sud et l’intégration régionale.
S’exprimant lors d’une réception organisée vendredi dans la capitale argentine en sa qualité de doyen du groupe africain, l’ambassadeur du Maroc en Argentine, M. Fares Yassir, a souligné que la Journée de l’Afrique constitue bien plus qu’une commémoration historique, une célébration de la diversité, de la résilience, de la créativité et de l’espoir portés par un continent tourné vers l’avenir.
Placée cette année sous le thème « Afrique unie, terre d’opportunités », la célébration a été l’occasion de rappeler la richesse historique et civilisationnelle du continent, présenté comme le berceau de grands empires, de savoirs ancestraux et d’importantes contributions à la pensée, à la culture et au multilatéralisme mondial.
L’ambassadeur du Maroc a particulièrement insisté sur le potentiel humain africain, mettant en avant une jeunesse qui représente l’une des principales forces du XXIe siècle. Investir dans cette jeunesse, a-t-il souligné, revient à investir dans la stabilité, la croissance, l’innovation et une prospérité partagée.
Évoquant les atouts stratégiques du continent, il a relevé que l’Afrique dispose d’immenses ressources naturelles, énergétiques et agricoles ainsi que d’une position géostratégique déterminante pour le commerce mondial. Les grands espaces maritimes africains, du détroit de Gibraltar au canal de Suez, en passant par Bab el-Mandeb et le cap de Bonne-Espérance, font du continent un acteur incontournable des échanges internationaux.
Le diplomate marocain a également mis en lumière les ambitions portées par l’Agenda 2063 de l’Union africaine, citant notamment la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), les infrastructures énergétiques, la transformation numérique, la sécurité alimentaire, la transition écologique et la coopération scientifique comme autant de piliers d’une nouvelle étape du développement africain.
Tout en reconnaissant les défis auxquels le continent demeure confronté, notamment l’instabilité sécuritaire au Sahel, le changement climatique, l’insécurité alimentaire et les épidémies, il a affirmé que l’Afrique ne demande pas la compassion mais une reconnaissance juste de son rôle et de ses aspirations, à travers des partenariats équilibrés, une participation accrue à la création de valeur et une place conforme à son poids réel dans la gouvernance internationale.
Abordant les relations entre l’Afrique et l’Argentine, l’ambassadeur du Maroc a estimé que celles-ci pouvaient entrer dans une phase « plus ambitieuse, plus concrète et mieux structurée », fondée sur une coopération renforcée dans des secteurs tels que l’agriculture, les biotechnologies, l’agroalimentaire, l’énergie, la santé, l’enseignement supérieur, les technologies satellitaires, le sport et la formation technique.
Il a également plaidé pour une vision atlantique renouvelée des relations afro-argentines, estimant que l’Atlantique Sud devait devenir un espace de coopération, de connectivité, d’échanges scientifiques, de sécurité et de développement partagé plutôt qu’une frontière géographique.
« Le XXIe siècle a besoin de l’Afrique », un continent fidèle à son histoire et à ses valeurs, et prêt à contribuer à l’émergence d’un monde plus juste, plus équilibré et plus inclusif, a conclu l’ambassadeur du Maroc.
De son côté, le directeur du Comité Afrique du Conseil argentin pour les relations internationales (CARI), M. José Nestor Ureta, a estimé que l’Afrique aborde le siècle présent dotée d’immenses possibilités pour affronter de grands défis, notamment en termes de développement économique et de préservation de l’environnement.
Grâce à sa croissance économique rapide, a noté M. Ureta, l’Afrique est appelée à jouer un rôle de plus en plus important dans les relations internationales, soulignant l’admission de l’Union africaine comme membre du G20 lors du sommet de New Delhi.
Ce statut témoigne de la place capitale du continent sur l’échiquier mondial, qui permettra à l’Afrique de devenir « une voix représentative des pays du sud global ».
S’agissant des relations de l’Argentine avec l’Afrique, cet ancien diplomate argentin a mis l’accent sur les échanges commerciaux croissants entre les deux parties et les relations renforcées dans les secteurs académique et scientifique avec les pays africains.
