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iens humains, le film de 80 minutes met en scène un imam confronté à la maladie d’Alzheimer, dans un quartier populaire où se croisent tensions sociales, élans de solidarité et espoirs de changement.
L’œuvre plonge le spectateur au cœur de la “Cité Imbécile”, un quartier à la fois précaire, fascinant et marqué par de nombreuses tensions sociales, où l’imam Habibi voit son quotidien bouleversé après avoir été atteint de la maladie d’Alzheimer.
Confronté à la perte progressive de sa mémoire, il doit faire face aux habitants du quartier, à sa famille, à ses détracteurs et à ses soutiens, notamment la doctoresse Sarah, venue mettre ses compétences au service de la communauté.
À travers ce récit, le réalisateur propose une réflexion sur la foi, la transmission, la solidarité et la place de l’humain dans la société, tout en dressant le portrait d’un Sénégal populaire confronté à ses défis quotidiens.
Dans une déclaration à la MAP, le réalisateur sénégalais Nicolas Sawolo Cissé, qui présente son 2è long métrage, a expliqué avoir souhaité aborder, à travers ce film, la question de la religion sous l’angle de la tolérance, dans un contexte mondial marqué par la montée de certaines formes d’intolérance religieuse.
Il a expliqué avoir choisi pour personnage principal un imam vivant dans un quartier défavorisé, afin d’explorer sa relation avec les enfants, la nature, les femmes et son environnement social, tout en mettant en avant une vision humaniste de la religion et de la vie en communauté.
Décrivant son œuvre comme appartenant avant tout à la “catégorie humaine”, M. Cissé a souligné que le film repose sur la conviction que l’être humain demeure le principal soutien de son semblable, estimant que l’entraide et la solidarité constituent des valeurs essentielles dans les sociétés africaines.
Évoquant le cinéma sénégalais, le réalisateur a salué l’héritage laissé par de grandes figures du 7è art africain, notamment Ousmane Sembène et Djibril Diop Mambéty, tout en mettant en avant l’émergence d’une jeunesse créative capable, selon lui, d’assurer l’avenir et le renouvellement de la production cinématographique sénégalaise.
Abordant la situation du cinéma africain, il a estimé que le principal défi demeure celui du financement et de la diffusion des œuvres du continent, plaidant pour une meilleure prise en compte de la culture dans les politiques publiques africaines.
Il a également appelé à une réflexion collective sur les mutations induites par les nouvelles technologies, notamment les plateformes numériques et l’intelligence artificielle, qui redessinent aujourd’hui les contours de l’industrie cinématographique mondiale.
De son côté, l’acteur sénégalais Ibrahima M’baye Thié, qui interprète le rôle de l’imam Habibi, a indiqué que son personnage incarne une vision ouverte et profondément humaine de la religion, dépassant les clivages confessionnels pour mettre en avant les valeurs universelles de bienveillance, de tolérance et de pureté intérieure.
L’acteur a confié avoir rejoint le projet dans des circonstances particulières, reprenant le rôle principal peu avant le début du tournage, notant avoir été séduit par la dimension poétique de l’œuvre ainsi que par le message humaniste porté par le scénario.
Évoquant le cinéma africain, M. Thié a estimé que les créateurs du continent sont les héritiers d’une riche tradition cinématographique qu’il convient de préserver et de développer, appelant à poursuivre les efforts visant à promouvoir les récits africains et à renforcer leur visibilité sur la scène internationale.
Pour sa part, l’actrice sénégalaise Rokhaya Niang, qui incarne l’épouse de l’imam, a expliqué que son personnage représente le soutien indéfectible apporté à un conjoint confronté à la maladie, mettant en lumière le rôle essentiel de la femme dans l’accompagnement familial et social.
Elle a relevé que le film aborde avec sensibilité la maladie d’Alzheimer, tout en valorisant les liens de solidarité et de soutien qui permettent aux personnes touchées de faire face aux épreuves du quotidien.
Mme Niang s’est également félicitée de la place croissante occupée par les femmes dans le cinéma africain, soulignant leur présence de plus en plus importante aussi bien devant que derrière la caméra, notamment dans les métiers techniques et de réalisation.
En ce qui concerne l’évolution du cinéma africain, elle a estimé que l’essor des séries, des plateformes numériques et de l’intelligence artificielle constitue à la fois un défi et un sujet de réflexion pour les professionnels du secteur, appelant à préserver la créativité et l’authenticité des récits portés par les cinéastes africains.
Produit par Niciss Group SARL, “La mémoire du manguier” réunit notamment à l’écran Ibrahima M’baye Thié, Rokhaya Niang, Kéba Cissé, Moussa Sène Absa et Joana Preiss.
Organisée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, la 26è édition du Festival international du cinéma africain de Khouribga se poursuit jusqu’au 6 juin avec la participation de cinéastes, producteurs, critiques et professionnels du secteur venus de plusieurs pays africains.
