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L’experte marocaine en sûreté et sécurité nucléaires et présidente du Conseil international des sociétés nucléaires, Khadija Bendam, a appelé, mercredi à Kigali, à la mise en place d’un écosystème africain intégré pour le développement des usages pacifiques de l’énergie nucléaire.
Intervenant lors d’une session de haut niveau organisée dans le cadre de la 2e édition du Sommet africain de l’innovation sur l’énergie nucléaire qui se tient dans la capitale rwandaise (19-21 mai), Mme Bendam a souligné la nécessité de renforcer la coopération africaine afin d’accélérer les projets nucléaires à travers l’harmonisation des cadres réglementaires, le partage des ressources et le renforcement de la crédibilité des investissements au sein des marchés africains.
Au cours de cette session plénière consacrée au thème “Coopération régionale et déploiement à grande échelle de l’énergie nucléaire”, l’experte a indiqué que le Conseil qu’elle préside œuvre au lancement de l’”African Nuclear Society” lors de la prochaine Conférence générale de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), prévue à Vienne, dans le but de créer un espace africain d’échange des connaissances, des expertises et des opportunités dans le domaine nucléaire.
Par ailleurs, la présidente du Conseil international des sociétés nucléaires a affirmé que les réseaux professionnels mondiaux constituent de véritables accélérateurs de la mise en œuvre des programmes nucléaires grâce à la mise en relation des expertises et des compétences entre différentes régions du monde, précisant que la nouvelle structure de l’INSC comprend désormais une représentation dédiée à l’Afrique aux côtés des autres régions du monde.
Mme Bendam a également souligné que l’Afrique peut tirer profit des expériences internationales accumulées, notamment dans les domaines du développement des compétences humaines, de la culture de sûreté nucléaire, des cadres réglementaires, de la communication, du transfert de technologies et de l’innovation.
Insistant sur l’importance des programmes de mentorat, des échanges techniques, des formations conjointes et des partenariats académiques pour accélérer le renforcement des capacités africaines, elle a estimé que le développement du secteur nucléaire ne concerne pas uniquement les ingénieurs et les scientifiques, mais également les autorités réglementaires, les décideurs, les industriels et les spécialistes de la communication.
Abordant la question de la sûreté nucléaire, l’experte a affirmé que la réussite de tout programme nucléaire repose avant tout sur l’ancrage d’une véritable culture de sûreté, précisant que si les technologies peuvent varier d’un pays à l’autre, les principes fondamentaux de sûreté et de sécurité nucléaire doivent demeurer universels.
Elle a ajouté que les réseaux professionnels favorisent un dialogue continu entre experts, autorités réglementaires, exploitants, institutions académiques et décideurs, permettant ainsi le partage des meilleures pratiques ainsi que le renforcement de la confiance du public dans les projets nucléaires africains.
Mme Bendam a, en outre, mis en avant l’expérience marocaine dans le soutien à la coopération africaine, rappelant notamment que le premier exercice régional destiné aux pays africains anglophones, organisé en 2015 au Botswana, avait été conçu, conduit et évalué par le Maroc dans le cadre d’une mission d’expertise de l’AIEA. Un exercice régional similaire destiné aux pays francophones a également été organisé en 2018 au Sénégal avec l’appui de l’expertise marocaine.
Elle a conclu que les plateformes de partage des connaissances et les réseaux professionnels continentaux constituent un outil essentiel pour réduire les risques liés aux projets nucléaires et accélérer leur mise en œuvre, à travers la valorisation des expériences et expertises accumulées au service de l’avenir de l’énergie nucléaire pacifique en Afrique.
Placée sous le thème “Alimenter l’avenir de l’Afrique : transformer l’ambition de l’énergie nucléaire en réalité investissable”, cette édition du sommet s’est penchée sur les moyens de transformer les ambitions nucléaires des pays africains en projets concrets et bancables, capables de répondre à la demande croissante en électricité sur le continent.
