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Le Maroc consolide progressivement son positionnement comme plateforme régionale de financement et d’accompagnement de la croissance en Afrique, grâce à un écosystème financier structuré, des infrastructures stratégiques et une dynamique soutenue d’investissement, a souligné, mercredi à Rabat, le président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Mehdi Tazi.
Intervenant lors de la Global Growth Conference (GGC) 2025, organisée par l’Institut Amadeus sous le thème “Structurer la croissance, transformer l’incertitude en opportunité”, M. Tazi a relevé que cet écosystème repose sur plusieurs piliers complémentaires, notamment un système bancaire solide, un fonds d’investissement dédié à l’apport en fonds propres et quasi-fonds propres, ainsi que des mécanismes de subvention prévus dans le cadre de la charte de l’investissement.
Le président du Patronat a également mis en avant la capacité significative du Royaume à mobiliser l’épargne nationale à travers de grands investisseurs institutionnels, tels que la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG), la Caisse Marocaine des Retraites (CMR), la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) et le Régime Collectif d’Allocation de Retraite (RCAR).
Ce dispositif, a-t-il expliqué, permet de mobiliser rapidement les financements nécessaires à la réalisation de projets structurants de grande envergure, qu’il s’agisse des infrastructures sportives liées à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) et à la Coupe du Monde, ou encore de grands chantiers de développement territorial.
En outre, M. Tazi est revenu sur la progression soutenue des indicateurs macroéconomiques du Royaume, dont une croissance prévue entre 5,2% et 5,5% en 2026, ainsi qu’un taux d’endettement maîtrisé, établi à environ 62 % du produit intérieur brut (PIB).
D’après lui, cette dynamique est portée par l’avancement simultané de plusieurs chantiers stratégiques, notamment la transition énergétique, le développement des infrastructures, dont Tanger Med et le futur port de Dakhla Atlantique, ainsi que la montée en puissance du capital humain à travers la réforme de la formation professionnelle.
Évoquant le contexte continental, M. Tazi a rappelé que l’Afrique offre des perspectives de croissance exceptionnelles, avec une dizaine d’économies affichant des taux de croissance supérieurs à 7% par an, une population dépassant le milliard d’habitants appelée à atteindre 2,5 milliards à l’horizon 2050, ainsi qu’un âge moyen d’environ 20 ans, faisant du continent le principal réservoir mondial de jeunesse et de productivité.
Il a toutefois relevé que les échanges commerciaux intra-africains demeurent limités, ne représentant que 15% du total des échanges du continent, contre près de 60% entre les pays européens, mettant ainsi en évidence l’important potentiel d’intégration économique régionale encore sous-exploité.
Organisée à l’initiative de l’Institut Amadeus, la GGC 2026 réunit plus de 1.500 participants représentant une large diversité de disciplines et de délégations et s’articule autour de thématiques telles que la souveraineté économique, la réindustrialisation, la finance productive, le numérique et l’intelligence artificielle. Ses travaux visent à enrichir et consolider la Feuille de Route de Rabat adoptée lors de l’édition 2025, en lui donnant une dimension plus opérationnelle.
