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JPO de la DGSN : Le crime économique et financier à la lumière de la transformation numérique en débat

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“Le crime économique et financier à la lumière de la transformation numérique” a été au centre d’une conférence organisée, mardi à Rabat, dans le cadre de la 7è édition des Journées Portes Ouvertes (JPO) de la Sûreté Nationale, qui se poursuivent jusqu’au 22 mai.

Animée par plusieurs responsables et experts, cette rencontre intervient dans un contexte marqué par les transformations numériques accélérées que connaît le monde, lesquelles ont contribué à repenser l’économie et à ouvrir des perspectives prometteuses de croissance, mais aussi engendré de nouveaux défis liés à l’évolution des crimes à caractère numérique et de leurs modes opératoires.

Dans ce cadre, le Commissaire divisionnaire Tijani Maghrani, représentant le Bureau national de lutte contre les crimes financiers et économiques relevant de la Brigade Nationale de la Police Judiciaire (BNPJ), a indiqué que le crime économique et financier compte parmi les formes de criminalité les plus dangereuses en raison de sa nature complexe, de sa dimension internationale et transfrontalière ainsi que de son évolution constante, soulignant que les criminels n’hésitent pas à recourir à tous les moyens leur permettant d’atteindre leurs objectifs illicites.

Il a également mis l’accent sur l’importance du suivi des fonds et des revenus issus de ce type de crimes, à travers les mécanismes de lutte contre le blanchiment d’argent, rappelant que le Royaume s’est doté d’un arsenal juridique intégré dans ce domaine, notamment la loi n° 43.05 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, dont les dispositions ont été intégrées dans le Code Pénal (articles 574.1 à 574.7).

Le responsable sécuritaire s’est aussi attardé sur la transformation qualitative qu’a connue la criminalité à l’ère du numérique, relevant que le passage des méthodes de fraude classiques à des plans numériques rapides et complexes a contribué à “industrialiser la fraude” et à accroître le niveau de professionnalisme des réseaux criminels, qui s’appuient désormais sur des plateformes clandestines proposant “le crime comme service”.

Pour sa part, le Chef de l’Unité de lutte contre le blanchiment d’argent et les stupéfiants à la Présidence du Ministère Public, Moussa Barhami, a mis en avant le cadre juridique global de lutte contre la fraude et l’escroquerie numériques, soulignant que l’arsenal juridique marocain fait face à ces crimes à travers deux approches : La première consiste à adapter les infractions traditionnelles aux formes de fraude numérique, tandis que la seconde repose sur une incrimination explicite des crimes numériques liés à la fraude et à l’escroquerie, notamment ceux portant atteinte aux systèmes de traitement automatisé des données, outre l’intégration de ces actes comme infractions principales permettant de sanctionner le blanchiment des fonds qui en sont issus.

M. Barhami a insisté sur l’importance des “investigations financières parallèles”, consacrées par le législateur comme mécanisme essentiel pour le suivi de la structure financière des réseaux criminels ainsi que de répression et de confiscation des avoirs émanant des opérations de fraude et d’escroquerie électroniques, relevant que l’intégration des dimensions préventive, répressive et procédurale dans le dispositif juridique marocain constitue un véritable gage de sécurité pour renforcer la confiance numérique et protéger l’économie nationale face à l’accélération de la transformation numérique.

De son côté, Mme Najwa Belmadani, responsable à l’Autorité Nationale du Renseignement financier (ANRF), a expliqué que la transformation numérique, malgré les opportunités qu’elle offre en matière de flexibilité, de hausse de productivité et de facilitation de la communication, présente une “dualité” exposant les acteurs économiques à des défis cybernétiques et à des risques croissants liés à la cybercriminalité grave.

Elle a, dans ce sillage, noté que le Royaume oeuvre activement à l’accompagnement de ces transformations à travers la promotion de la gouvernance numérique et de l’inclusion financière, mettant en avant le rôle central que joue dans ce sens l’ANRF.

La responsable a, d’autre part, souligné l’importance du renforcement de la conformité aux standards internationaux dans ce domaine et de l’intensification des efforts visant à faire face à l’utilisation des technologies modernes dans les crimes économiques et financiers.

Quant au Représentant de Bank Al-Maghrib, Youssef Ghachioua, il a noté que les opérations de fraude financière connaissent une hausse préoccupante aux niveaux national et international, en raison de l’accélération de la numérisation des services financiers et de la généralisation de l’utilisation des supports numériques par le grand public, relevant une augmentation de 54 % du nombre de bulletins et d’alertes émis par Interpol relatifs à la fraude financière entre 2024 et 2025.

M. Ghachioua a, par ailleurs, passé en revue plusieurs techniques frauduleuses parmi les plus répandues dans l’espace numérique, notamment le “phishing” à travers la falsification et le clonage des sites officiels des banques et institutions financières ou via les courriels, ainsi que le “vishing” (hameçonnage téléphonique et vocal) et le “smishing” (hameçonnage par SMS), outre la prolifération des logiciels malveillants (Malware) permettant aux fraudeurs de prendre le contrôle total des téléphones et des fichiers, outre l’exploitation des réseaux sociaux pour diffuser des fausses annonces promotionnelles ou des prétendues offres d’emploi afin d’attirer les victimes.

Il a ainsi estimé que relever le défi de la lutte contre la criminalité financière à l’ère numérique passe essentiellement par trois axes majeurs, à savoir : le renforcement de la coopération et de la coordination entre les secteurs public et privé, la mise en place de mécanismes rapides et immédiats de signalement des attaques et crimes numériques, ainsi que l’intensification des campagnes de sensibilisation au profit des citoyens afin de protéger leurs données personnelles et de sécuriser leur utilisation des services bancaires numériques.

Il convient de rappeler que l’initiative des Journées Portes Ouvertes de la Direction Générale de la Sûreté nationale (DGSN) traduit la volonté ferme de l’institution sécuritaire de renforcer les principes de proximité avec les citoyens et reflète l’engagement constant et résolu de la Direction générale à moderniser et améliorer le service public policier ainsi que la qualité de ses prestations, conformément aux Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

Cette manifestation vise à soutenir l’ouverture de l’institution policière sur son environnement social, à informer le public de l’ensemble des missions assurées par les différentes unités et formations sécuritaires mobilisées à son service pour garantir sa sécurité, la protection de ses biens et le maintien de l’ordre public, ainsi qu’à présenter les équipements, matériels et moyens technologiques avancés mis à la disposition des services de sécurité.

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