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Le Campus de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) de Rabat a accueilli, mercredi, la 16ème édition des Tables Rondes de l’Arbois et de la Méditerranée (TRAM), sous le signe “Femmes scientifiques marocaines d’exception”.
Organisée en collaboration avec l’Université Aix-Marseille, cette édition met en lumière les parcours de femmes scientifiques marocaines qui, par leur engagement et leurs découvertes, redéfinissent les frontières du savoir dans des domaines aussi variés que la géologie des météorites, la virologie, la biomécanique, l’intelligence artificielle, la géo-linguistique et la sécurité alimentaire.
Parmi les personnalités scientifiques mises à l’honneur figurent Ilham Kadri, Najat Mokhtar et Hasnaa Chennaoui, aux côtés d’autres chercheuses et responsables académiques affiliées à des institutions de référence.
Cet événement, qui met en place un cadre de coopération académique visant à structurer, dans la durée, un espace de dialogue scientifique international, réunit des chercheurs, des responsables académiques et des experts issus de différents champs disciplinaires autour de problématiques liées aux transformations contemporaines.
S’exprimant à cette occasion, le président de l’UM6P, Hicham El Habti, a mis en exergue l’importance de la contribution des compétences scientifiques, notamment féminines, au développement des sociétés, notant cependant une sous-représentation des femmes dans le champ scientifique puisque, selon des données de l’UNESCO, moins de 34% des chercheurs dans le monde sont des femmes et moins de 6% des Prix Nobel scientifiques ont été attribués à des femmes depuis la création de ce Prix en 1901.
En revanche, à l’UM6P, 55% des 8.500 étudiants inscrits à l’Université sont des femmes, dont 80% bénéficient de bourses, a fait remarquer M. El Habti, rappelant que l’UM6P a mis en place le programme “Women in Tech & AI”, porté notamment par AI Movement (premier centre UNESCO de catégorie 2 dédié à l’intelligence artificielle en Afrique) et a accueilli des femmes issues de plus de 30 pays africains afin de développer leurs compétences appliquées en intelligence artificielle, en énergie et en agriculture numérique.
De son côté, le fondateur des Tables Rondes de l’Arbois et de la Méditerranée, Daniel Nahon, a indiqué que cet évènement se propose d’engager la réflexion, via différentes approches disciplinaires, autour de problématiques qui excèdent les cadres traditionnels de la recherche.
Ce dispositif, a-t-il dit, permet de produire des analyses transversales des transformations contemporaines en articulant les dynamiques de production des connaissances, leurs conditions institutionnelles et leurs implications sociétales, tout en favorisant la mise en relation de communautés scientifiques de contextes différenciés.
M. Nahon a tenu, à cette occasion, à rendre hommage aux femmes scientifiques qui contribuent au développement de leurs sociétés, mettant l’accent sur les conditions d’accès, de progression et de reconnaissance des femmes dans les carrières scientifiques.
Au programme de cette 16e édition, qui se poursuit jusqu’au 21 mai, figurent des conférences et des tables rondes qui aborderont notamment les défis de l’autonomisation des femmes en science, la promotion des carrières scientifiques féminines au Maroc et dans la région méditerranéenne, ainsi que l’éducation des filles et l’orientation professionnelle, avec une perspective résolument transnationale et ancrée dans l’action.
À travers cette édition, l’UM6P contribue à la structuration d’un espace de dialogue scientifique international centré sur les conditions de production des savoirs, leur circulation et leurs usages.
