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Café culturel de Meknès : Hommage à feu Driss Chraibi, pionnier du roman marocain

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Un parterre d’écrivains et d’intellectuels ont rendu hommage, mardi à Meknès, à feu Driss Chraibi, figure emblématique de la littérature marocaine d’expression française.

Réunis dans le cadre du Café culturel de Meknès, initié par la Fondation KalimArts, en partenariat avec l’Union des Français de l’Étranger Fès-Meknès et la Direction provinciale de la Culture, les participants ont salué le parcours exceptionnel de cet écrivain hors norme et mis l’accent sur son influence indélébile sur la scène culturelle et littéraire national et sur l’immigration marocaine.

L’écrivaine et présidente de la fondation KalimArts, Houda Elfchtali, a souligné que cet hommage vient “célébrer une voix libre, audacieuse et profondément humaine, qui a su interroger les traditions, bousculer les certitudes et ouvrir de nouveaux horizons à la littérature marocaine et francophone”.

“Son œuvre, à la fois lucide et sensible, continue aujourd’hui encore d’éclairer les questions de l’identité, de la liberté, de l’exil et du dialogue entre les cultures”, a indiqué Mme ElFchtali, notant que cette rencontre-hommage veut “non seulement revisiter l’œuvre de Driss Chraïbi, mais aussi raviver cette lumière intellectuelle et humaine qu’il continue de transmettre à travers ses mots”.

Pour Driss El Yazami, président du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME), Driss Chraibi est le pionnier du roman marocain, que ce soit d’expression française ou d’expression arabe, rappelant que “le premier roman de cet écrivain date de 1954, un moment où il n’y avait pas beaucoup de romanciers qui écrivaient en arabe”.

L’auteur du Passé simple, a-t-il relevé, fait partie de la première génération de romanciers marocains et a réussi à faire une œuvre “pionnière et de rupture avec un certain nombre de traditions”.

Selon lui, Driss Chraibi a écrit le premier grand roman sur l’immigration maghrébine en France et qui le reste jusqu’à aujourd’hui, d’où la nécessité, a estimé M. El Yazami, d’inscrire ce romancier, de par son importance, dans l’histoire culturelle de l’immigration marocaine.

“Chaque fois qu’on pense l’immigration, on pense au travail des chanteurs, des romanciers, des peintres, des cinéastes, des hommes de théâtre marocains qui ont immigré pour se frotter à d’autres cultures”, a-t-il expliqué, ajoutant que tout ce monde ” a fait l’histoire de l’immigration, des pays de résidence mais aussi du Maroc”.

Mettant l’accent sur l’importance de la réédition à l’initiative du CCME d’un coffret de sept romans de Driss Chraïbi, M. El Yazami a indiqué que cette initiative tend à mettre entre les mains des nouvelles générations et des nouveaux lecteurs sept parmi les romans les plus marquants de l’œuvre de l’écrivain, dont le Passé simple, La Civilisation ma mère et Les boucs, outre ses premiers grands romans qui ont pris comme scène le Maroc”.

“Driss Chraïbi est lu aujourd’hui dans de très nombreux pays, et il a fallu mettre ses œuvre aussi à la portée des lecteurs marocains”, a-t-il expliqué.

Le président du CCME a annoncé la sortie d’un autre coffret des quatre romans de l’écrivain traduits vers l’arabe, pour promouvoir son œuvre auprès d’”un lectorat arabophone longtemps privé du génie de Driss Chraïbi”.

Inscrite dans le cadre du centenaire de la naissance de ce pionnier de la littérature marocaine, cette rencontre a été l’occasion pour plusieurs intellectuels et universitaires d’explorer les multiples facettes de ce grand romancier, dont l’œuvre continue de résonner face aux enjeux contemporains, confirmant son statut de référence incontournable du patrimoine littéraire national.

Elle s’est déroulée en présence de membres de la famille de feu Driss Chraibi, dont son épouse Shenna Chraibi qui a partagé avec le public certains aspects de la vie personnelle et professionnelle de l’écrivain, ses préoccupations littéraires ainsi que les moments les plus marquants de son parcours de romancier.

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