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SIEL: Rencontre littéraire avec Mehdi Ghouirgate autour de l’œuvre d’Ibn Khaldoun

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Une rencontre littéraire avec l’historien marocain Mehdi Ghouirgate, autour de son ouvrage “Ibn Khaldoun: itinéraires d’un penseur maghrébin”, a été organisée, vendredi à Rabat, en marge du 31e Salon international de l’édition et du livre (SIEL), en présence d’un large public.

Cette rencontre a offert l’opportunité de mettre en avant l’importance d’Ibn Khaldoun en tant que penseur dont la trajectoire continue d’éclairer les enjeux de la modernité et de l’identité.

Lauréat du Prix de la biographie littéraire 2025 de l’Académie française, M. Ghouirgate a souligné que son livre “Ibn Khaldoun: itinéraires d’un penseur maghrébin” se doit d’être replacé dans son contexte originel, à savoir le Maghreb du XIVe siècle, tout en plaidant pour une approche biographique où le vécu, l’expérience politique et les déplacements d’Ibn Khaldoun constituent la clé de sa pensée sociologique et historique.

A cet effet, M. Ghouirgate a passé en revue “les différentes vies posthumes d’Ibn Khaldoun”, expliquant comment chaque époque a projeté ses propres aspirations sur le penseur médiéval.

Et de préciser que son ouvrage se distingue des biographies purement intellectuelles en plaçant l’itinéraire physique au cœur de la reconstruction historique.

“Il faut situer la vie d’Ibn Khaldoun dans son œuvre et non l’inverse”, a-t-il affirmé, soulignant que ses fonctions de haut fonctionnaire et ses exils entre le Maghreb, l’Andalousie et l’Égypte sont indissociables de la rédaction de la “Muqaddima”.

De même, il a mis en lumière l’importance d’Ibn Khaldoun dans le monde arabe et particulièrement au Maroc, et son influence sur la génération des années 1960 et 1970, tels qu’Abdallah Laroui, Ali Oumlil ou Abdesselam Cheddadi, et leur retour aux sources “khaldouniennes”, dressé, selon l’auteur, en levier essentiel pour “désoccidentaliser” les sciences humaines et bâtir une indépendance intellectuelle.

Ainsi, Ibn Khaldoun est, tour à tour, perçu comme le père du positivisme, de la sociologie, voire du marxisme selon une correspondance entre Lénine et Maxime Gorki, “la réputation d’Ibn Khaldoun est parfois la somme des malentendus portés sur son dos”, a relevé M. Ghouirgate, rappelant que même les théories néolibérales contemporaines tentent de s’approprier ses écrits sur la fiscalité pour justifier la dérégulation économique.

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