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L’avenir du livre et de la lecture francophones a été au centre des débats entre experts marocains et étrangers lors d’une table ronde organisée, lundi à Rabat, par l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) à l’occasion du 31e Salon international de l’édition et du livre (SIEL).
Placée sous le thème “Le livre francophone, entre vitalité et fragiles équilibres”, cette rencontre a examiné les conditions réelles de la circulation des œuvres dans l’espace francophone dans le cadre d’une vision culturelle érigeant le livre en outil de rayonnement mondial.
Cette table ronde a été aussi l’occasion pour les participants de croiser leurs regards sur la circulation des œuvres, la place de la traduction dans le dialogue des cultures et les leviers d’une bibliodiversité effective.
Dans son mot d’ouverture, la représentante de l’OIF pour l’Afrique du nord, Haoua Acyl, a souligné que la désignation par l’UNESCO de Rabat comme “Capitale mondiale du livre 2026” dépasse le cadre de la “simple distinction symbolique” pour traduire un “engagement” et une “responsabilité”, comme elle illustre le “rôle majeur” du Maroc en matière de valorisation du livre et de la lecture à l’échelle internationale.
L’OIF, a-t-elle précisé, a fait du livre l’un des piliers de son action culturelle en intervenant à chaque étape de la chaîne, de l’écriture à la création, en passant par la professionnalisation des métiers de l’édition et le défi central de la visibilité dans l’environnement numérique, dans le sillage d’une action qui se veut avant tout participative et à l’écoute.
“Les réponses institutionnelles ne valent qu’à la condition d’être construites avec les professionnels qui font le livre sur le terrain”, a-t-elle insisté.
De son côté, la professeure de la littérature francophone Sanae Ghouati, qui a mis l’accent sur le “défi majeur” de la commercialisation du livre, a exploré ainsi les différentes stratégies à déployer aujourd’hui pour lui permettre de retrouver sa place dans le paysage culturel et numérique actuel.
Par ailleurs, les intervenants ont souligné l’importance de renforcer les politiques de soutien à la traduction et à la coédition, tout en appelant à des actions concrètes pour surmonter les obstacles liés à la distribution physique des ouvrages entre les pays francophones et encourager les jeunes générations à renouer avec la lecture face à la concurrence des nouveaux loisirs numériques.
Le 31e SIEL connaît la participation de 891 exposants issus du Maroc et de 60 pays arabes, africains, européens, asiatiques et américains. Un fonds documentaire riche et varié y est présenté, couvrant l’ensemble des champs de la connaissance et les différentes formes de création et de savoir, avec plus de 130.000 titres et plus de 3 millions d’exemplaires.
