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Tanger: Pleins feux sur l’expérience des groupements sanitaires territoriaux au Maroc

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Les participants à une rencontre organisée, samedi à Tanger, par l’Observatoire marocain de la protection sociale, avec le soutien de la Fondation Friedrich-Ebert, ont examiné l’expérience des groupements sanitaires territoriaux (GST) au Maroc.

Cette rencontre, à laquelle ont pris part des universitaires, des experts et des acteurs du secteur de la santé, a été une occasion de mettre en avant l’expérience des GST, d’en évaluer le degré de réussite et de faire le point sur les réalisations en perspective de sa généralisation.

Les intervenants ont unanimement souligné la nécessité de clarifier les responsabilités et les attributions des différents acteurs impliqués dans la gestion de ces structures au niveau régional, ainsi que de définir les contours de leur lien avec le ministère de la Santé et de la Protection sociale au niveau central.

Dans ce sens, Ali Lotfi, président du Réseau marocain de défense du droit à la santé et du droit à la vie, a indiqué que les groupements sanitaires territoriaux s’inscrivent dans le cadre de la régionalisation du système de santé, relevant une tendance mondiale vers la décentralisation de la gestion des systèmes de soins et de leurs institutions, afin de les rapprocher des citoyens, en tenant compte des spécificités de chaque pays.

Dans son intervention, M. Lotfi a précisé que la concrétisation de cet objectif requiert un ensemble de conditions essentielles, notamment l’équilibre dans la répartition des ressources dans le cadre d’une politique d’aménagement du territoire, l’adoption de la décentralisation dans la prise de décision, l’équité territoriale en fonction des besoins de chaque région, ainsi que l’amélioration de l’efficacité et de la participation citoyenne.

Il a également évoqué les “défis auxquels se heurte la mise en œuvre de ce chantier sanitaire”, en tête desquels figurent la disponibilité des ressources financières et humaines, le développement des équipements médicaux, le renforcement de la gouvernance et le traitement de la problématique du chevauchement des compétences entre le niveau central et les régions.

Pour sa part, le chercheur dans le domaine de la santé, Moundir Souhami, a qualifié l’expérience des groupements territoriaux d’excellente en matière de transfert territorial des services, des compétences et des ressources humaines et financières, permettant de répondre aux défis liés aux déplacements des patients entre les différentes régions pour accéder aux soins.

Les efforts consentis au niveau des infrastructures sont indéniables, a-t-il ajouté, notant qu’alors que le Maroc ne comptait auparavant que deux centres hospitaliers universitaires (CHU), il s’achemine aujourd’hui vers un CHU dans chaque région.

M. Souhami a également salué l’augmentation du budget alloué à la santé, exprimant l’espoir de voir cette dynamique se poursuivre afin d’améliorer la qualité des services de santé, en tant que secteur social, tout en remédiant aux dysfonctionnements du cadre juridique en la matière.

Quant à Mustapha Jaa, professeur de droit à l’Institut supérieur des professions infirmières et techniques de santé de Rabat, il a évoqué les grandes attentes des citoyens quant à la mise en œuvre des groupements sanitaires territoriaux, en tant que mécanisme susceptible de résoudre les problématiques du secteur, de territorialiser les services de santé au niveau des régions, de faciliter le parcours de soins des patients et d’améliorer la qualité des prestations.

Dans une déclaration à la MAP, M. Jaa a affirmé que la mise en œuvre de ces groupements, en tant que composante de la réforme du système de santé, constitue une responsabilité partagée entre l’État, la société civile et les établissements publics.

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