Dpress.ma/fr

À Paris, la création marocaine confirme son ascension dans l’univers exigeant de la mode

Dpress

 Capitale mondiale de la mode, Paris demeure une vitrine incontournable où s’entremêlent héritage, innovation et excellence créative. Ville emblématique de la haute couture, elle continue d’attirer maisons prestigieuses, designers internationaux et événements majeurs qui structurent l’industrie mondiale, avec une présence de plus en plus remarquée de la création marocaine qui confirme son ascension dans un univers exigeant.

Berceau de la haute couture et référence absolue du luxe, Paris doit son rayonnement à des maisons mythiques telles que Dior, Chanel ou Yves Saint Laurent, qui ont durablement façonné l’esthétique contemporaine. La “Paris Fashion Week” illustre chaque année cette effervescence, en réunissant créateurs confirmés et talents émergents autour d’une créativité en constante réinvention.

Dans ce foisonnement d’événements et de défilés, s’impose “l’Oriental Fashion Show”, dédié à la promotion de la haute couture orientale et qui se veut, depuis plus de vingt ans, à la croisée de la mode et de la culture, dont la fondatrice n’est autre que la Marocaine Hind Joudar.

Si l’événement tel qu’elle l’a conçu a pour vocation de “créer des passerelles entre les cultures”, il place aussi “le caftan marocain au cœur de son inspiration”.

Pour celle qui s’est donnée pour mission de contribuer au rayonnement du caftan, cette tenue emblématique constitue l’un des fils conducteurs de l’Oriental Fashion Show depuis sa création “si ce n’est le véritable socle de cette aventure culturelle”.

Fière de ses origines, Hind Joudar, qui a grandi en France, explique, dans un entretien à la MAP, avoir évolué “au confluent de deux cultures d’excellence et de raffinement”.

“Malgré leurs différences apparentes, j’y ai toujours perçu une profonde résonance. C’est à travers l’Oriental Fashion Show que j’ai pu explorer ces deux univers, en s’immergeant particulièrement dans l’histoire du caftan marocain”, a-t-elle renchéri.

Ce vêtement, véritable miroir de l’art et de l’artisanat du Maroc, “exige une rigueur de confection identique, sinon supérieure, à celle de la Haute Couture parisienne”, a-t-elle estimé, mettant en avant son ambition de valoriser le caftan à Paris en s’appuyant sur les codes et le langage de la mode parisienne.

“L’accueil enthousiaste réservé à ce concept m’a encouragée à structurer mon projet, à approfondir mes recherches et à entamer l’écriture d’un ouvrage dédié”, a-t-elle ajouté, soulignant que le caftan marocain demeure “une pièce de prestige inestimable sur l’échiquier de la mode internationale”.

En tant que Marocaine du Monde, Hind Joudar a également mis en avant le lien indéfectible entre la diaspora et son patrimoine culturel, évoquant le potentiel du Royaume à s’imposer comme un acteur à forte valeur ajoutée dans cet écosystème.

“Il y a une recherche d’authenticité et de coresponsabilité dans laquelle le Maroc s’inscrit naturellement”, a-t-elle dit. Et ce n’est pas un hasard si le caftan a été inscrit l’année dernière au patrimoine universel de l’UNESCO, se félicite-t-elle.

Au-delà de cette initiative structurante, plusieurs créateurs marocains participent activement au rayonnement de la mode du pays dans la capitale française. C’est le cas notamment de Sara Chraïbi, reconnue pour son approche architecturale et contemporaine, ou encore de Noureddine Amir, figure majeure du lien entre création marocaine et haute couture parisienne.

D’autres créatrices, telles que Fatima-Zahra Filali Idrissi, Samira Haddouchi, Houda Serbouti ou encore Nisrine Ezzaki, contribuent également à cette dynamique en valorisant un caftan revisité, à la croisée de la tradition et du luxe contemporain.

Parallèlement, la marque de prêt à porter “Casablanca”, fondée par Charaf Tajer, incarne une réussite emblématique de l’hybridation culturelle franco-marocaine.

Née dans l’écosystème parisien, elle développe une signature mêlant élégance française et héritage marocain.

Ainsi, portée par ses créateurs et ses ambassadeurs culturels, la mode marocaine s’inscrit durablement dans les dynamiques contemporaines de la création à Paris, confirmant sa capacité à conjuguer héritage, innovation et ouverture internationale au cœur de la capitale mondiale de la mode.

D’ailleurs, au cœur du Festival de l’histoire de l’art de Fontainebleau (05-07 juin), la mode marocaine sera mise à l’honneur pour célébrer la création comme un trait d’union vivant entre authenticité et modernité, héritage et avant-garde.

Quitter la version mobile