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Entretien avec Javier Tebas, président de LaLiga

Dpress

Le président de LaLiga, Javier Tebas, a accordé un entretien à la MAP dans lequel il évoque notamment la place de choix du Royaume dans la stratégie d’expansion de LaLiga, ainsi que la possibilité de la tenue de matchs du championnat espagnol au Maroc.

Dans cet entretien, M. Tebas s’attarde également sur des aspects liés à l’évolution de LaLiga et son rôle dans le soutien des équipes espagnoles en matière de formation et d’infrastructures.

1-Existe-t-il une possibilité d’organiser des matchs de LaLiga au Maroc ?

Oui, compte tenu du nombre de supporters qui suivent le championnat espagnol au Maroc, je pense qu’il serait plus facile de jouer au Maroc, notamment parce que les contraintes logistiques liées aux déplacements sont minimes.

Nous pourrions aussi envisager un match dans le nouveau stade de Casablanca. Pourquoi pas ?

2- LaLiga a misé sur son expansion à l’échelle mondiale. Quelle place occupe la région MENA dans cette stratégie ? Dans ce même contexte, quel rôle joue le Maroc ?

Notre expansion dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) est un facteur très important. Il existe une large base de supporters de LaLiga, qui, selon nos données, serait même supérieure à celle de la Premier League anglaise.

Nous constatons une passion incroyable pour LaLiga dans toute la région, de l’Irak au Maroc. Avec le Maroc en particulier, il existe des liens historiques particuliers qui se reflètent aussi dans le domaine du football.

Il y a toujours eu des liens forts, une grande proximité et une bonne entente entre l’Espagne et le Maroc dans le domaine du sport, en particulier du football.

Par ailleurs, il est très réjouissant de voir les succès accomplis dernièrement par le football marocain.

3- Comment évaluez-vous l’évolution de LaLiga ces dernières années sur les plans économique et sportif ?

Si l’on revenait en arrière, il y a 13 ans, on verrait que près de 750 millions d’euros étaient dus à l’État espagnol. Près de 100 millions d’euros étaient également dus aux joueurs et entre 80 et 90 millions d’euros de cotisations sociales à la Sécurité sociale. De plus, il existait une dette interclubs très importante.

Aujourd’hui, sur le plan économique, il n’y a plus de dettes : tout a été payé et les clubs contribuent efficacement au quotidien, en s’acquittant de leurs impôts et en payant les salaires de leurs joueurs. Nous avons réalisé de grands progrès sur le plan économique.

En tant qu’industrie, nous avons positionné la marque LaLiga comme l’une des meilleures compétitions sportives au monde, qui est en concurrence avec la Premier League anglaise.

Elle est la deuxième sur le plan économique- la Premier League occupant la première place-, mais sur le plan sportif, je dirai que nous sommes les premiers, grâce à l’avantage significatif dont jouissent les clubs espagnols en termes de titres européens remportés par rapport à ceux de la Premier League.

4- Quelle est votre appréciation du contrôle financier et du fair-play dans le football actuel, et en quoi consiste le modèle de LaLiga ?

Il faut prendre cette question très au sérieux. Il existe des règles qui doivent être respectées et appliquées. Il faudrait peut-être aussi les améliorer.

Notre système est différent du modèle européen : il repose sur un contrôle économique a priori. Nous informons les clubs des budgets qu’ils peuvent dépenser, tandis que dans d’autres systèmes, les sanctions interviennent après les dépassements. C’est pourquoi nous considérons que notre modèle est le plus adapté.

5- Comment LaLiga aide-t-elle ses clubs en matière d’infrastructures, d’amélioration des stades et de génération de revenus ?

Il est essentiel d’être durable pour attirer des capitaux, des prêts d’investissement ou des financements bancaires destinés aux infrastructures.

C’est dans ce cadre que s’inscrit le projet CVC, qui consiste en une injection de 2 milliards d’euros en échange de 8,5 % des droits audiovisuels des clubs pendant 50 ans. 75 % de ce montant a été consacré à l’amélioration des infrastructures : stades, centres d’entraînement, technologie et internationalisation de la compétition.

Cet investissement génère déjà davantage de revenus : des records en termes d’affluence, de recettes les jours de match (matchday) et de revenus commerciaux ont été atteints. Nous constatons déjà les effets positifs de ce projet.

6- Quelles sont les principales clés du modèle de formation (cantera) de LaLiga ?

Il s’agit d’un effet indirect. Notre fair-play financier n’autorise pas les clubs à fonctionner à perte. Que se passe-t-il alors ? Les clubs cherchent à réduire le coût de leur principale ressource : les joueurs. Ils choisissent donc de les former en interne, ce qui a entraîné un fort investissement dans la formation. Le projet CVC a également favorisé des investissements importants dans les académies.

Cela a conduit à ce qu’environ 20 % des joueurs évoluant en première division soient issus de centres de formation.

Lorsque nous visitons par exemple les centres d’entraînement de clubs comme la Real Sociedad, le Betis Seville ou le Deportivo de La Corogne, il est difficile de dire lequel est le meilleur, tant leur niveau est élevé.

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