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L’information territoriale s’impose aujourd’hui comme un pilier essentiel pour garantir la sécurité hydrique et renforcer la résilience des territoires face aux effets des changements climatiques, ont souligné, vendredi à Rabat, des experts et universitaires réunis dans le cadre de la 7e édition de la Semaine nationale de l’eau.
Lors de cette conférence scientifique nationale, organisée à l’initiative de l’arrondissement de Yaacoub El Mansour, en partenariat avec l’Association des enseignants des sciences de la vie et de la terre (AESVT), les participants ont appelé à l’élaboration d’une vision partagée, fondée sur des données territoriales fiables et actualisées, en vue d’instaurer une gouvernance participative et de poser les bases d’une sécurité hydrique durable au Maroc.
Prenant la parole à cet évènement, placé sous le thème “Cartographie territoriale et gestion anticipative des risques de la boucle de l’eau”, la présidente de l’AESVT/Section Rabat, Rachida Bailli, a estimé que les enjeux liés à l’eau ont désormais un caractère structurel et non plus conjoncturel, ce qui impose une refonte des modes de gestion de cette ressource vitale.
Elle a également mis en relief l’importance de dépasser les approches classiques centrées sur la gestion des crises, au profit d’une démarche anticipative basée sur une connaissance précise des territoires. Il s’agit là de déployer des outils modernes, notamment les systèmes d’informations géographiques (SIG), la télédétection, outre la modélisation prédictive, permettant une meilleure analyse des risques et une prise de décision plus efficace, a-t-elle fait observer.
Pour sa part, l’expert des risques catastrophiques, Issam Mouyan, a indiqué que la situation hydrologique au Maroc est marquée ces derniers temps par une oscillation entre pénurie chronique due principalement à la “sécheresse structurelle” et excès hydrique à haut risque en raison des inondations.
Les projets ambitieux d’envergure lancés récemment avec la collaboration de l’ensemble des acteurs du secteur de l’eau ont permis au Royaume de s’ériger en modèle dans ce domaine, a-t-il relevé, citant les “Autoroutes de l’eau” qui visent à relier les bassins hydrauliques pour assurer une meilleure répartition géographique de l’eau.
Le professeur à l’Institut scientifique relevant de l’Université Mohammed V de Rabat, Mohamed Mastere, a quant à lui souligné que la compréhension des risques liés à l’eau passe par la consécration de la gouvernance, le renforcement des capacités, la promotion de la recherche scientifique, l’intensification de la coopération internationale, ainsi que la mobilisation d’investissements importants pour renforcer la résilience climatique et anticiper les risques.
Dans ce contexte, il a rappelé la création en 2008 du Centre de veille et de coordination (CVC), l’élaboration de la Stratégie nationale de gestion des risques de catastrophes naturelles outre la préparation de cinq guides de bonnes pratiques en matière de risques, disponibles via le portail “gestionrisques.ma”, mettant en avant le rôle pivot des observatoires nationaux dans la cartographie de l’eau pour toutes les régions du Royaume.
A l’issue de cette conférence, les participants entendent proposer aux décideurs nationaux et locaux plusieurs recommandations pratiques, dans l’objectif de promouvoir la prise de conscience écologique et de définir une approche nationale intégrée de cartographie territoriale, au service de la résilience climatique et du développement territorial.
