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Les participants à une rencontre, organisée jeudi à Fès, ont souligné l’importance de renforcer le débat public sur la violence faite aux femmes et aux filles, en favorisant leur accès à une justice équitable et efficace au niveau régional.
Lors de cet événement, initié par la Commission Régionale des Droits de l’Homme à Fès-Meknès, universitaires, acteurs associatifs et représentants d’institutions publiques ont insisté sur la nécessité de mieux prendre en compte la violence numérique, en encourageant les victimes à briser le silence et à dénoncer les sévices dont elles sont victimes.
Les intervenants ont également insisté sur l’importance de renforcer la confiance dans les institutions et d’améliorer les conditions d’accueil et de prise en charge, afin de faciliter l’accès à la justice tout en respectant les spécificités géographiques et sociales de la région Fès-Meknès.
Abderrahman Amrani, président de la Commission Régionale des Droits de l’Homme, a rappelé que l’accès à une justice équitable constitue l’un des piliers majeurs des droits humains et un vecteur essentiel vers l’égalité, jouant un rôle central dans la protection des droits et des libertés ainsi que dans la lutte contre l’impunité.
M. Amrani a précisé que cette rencontre, organisée à l’occasion de la Journée internationale des droits de la femme, s’inscrit dans la dynamique régionale et nationale lancée par le Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH) en mars 2026, visant à renforcer la justice équitable pour les femmes et les filles. L’objectif est d’encourager l’accès de cette catégorie à la justice dans une démarche d’équité et d’égalité.
Le président de la Commission a mis l’accent sur la nécessité d’encourager la dénonciation des différentes formes de violence, y compris la violence numérique, qui constitue aujourd’hui un réel danger pour la société, relevant que de nombreux obstacles juridiques et sociaux freinent encore la signalisation des cas de violence, limitant ainsi l’accès des victimes à leurs droits.
La présidente du centre Saiss de lutte contre la violence faite aux femmes, Souad Tiali, a détaillé les formes de violence numérique et la capacité de la législation, notamment la loi 103/13 relative à la violence faite aux femmes, à garantir l’accès des femmes à la justice.
Elle a souligné que l’absence d’une culture numérique et de structures de sensibilisation, ainsi que les disparités entre zones rurales et urbaines, restreignent l’accès des femmes rurales aux moyens digitaux.
De son côté, la coordinatrice de la cellule chargée des enfants et femmes victimes de violence au CHU Hassan II de Fès, Meriem Bouchelta, a indiqué que la cellule prend en charge chaque année près de 500 cas, surtout des filles mineures. Elle a noté que les victimes signalent majoritairement les violences physiques et psychologiques, tandis que la violence numérique reste souvent ignorée.
Elle a insisté sur la nécessité de sensibiliser les jeunes filles aux dangers liés à la non-dénonciation, en particulier des violences numériques.
Selon les organisateurs, s’appuyant sur les rapports du CNDH, le nombre de signalements de violences faites aux femmes est en constante augmentation, mais des défis persistent quant à leur traitement effectif. Dans la région Fès-Meknès, l’étendue du territoire et les ressources financières limitées des victimes impactent l’accès à la justice, malgré un réseau étendu de tribunaux répartis sur les provinces et préfectures de la région.
D’après la même source, cette rencontre, organisée sous le thème “Garantir l’accès des femmes et des filles à une justice équitable et efficace : parcours et défis”, illustre la pertinence d’une approche participative impliquant l’ensemble des acteurs du domaine : juges, avocats, société civile, médias et universitaires.
L’objectif affiché est de créer un espace d’échange et de coopération afin de faciliter l’accès des femmes à la justice et renforcer l’efficacité de la lutte contre toutes les formes de violence.
