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Errachidia : Pleins feux sur les objectifs et les enjeux de la mise en œuvre des peines alternatives

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Les objectifs escomptés de la mise en œuvre des peines alternatives et les enjeux inhérents à la réalisation d’un équilibre entre les exigences de la sécurité juridique et la préservation des droits et libertés ont été au centre des travaux de la 15ème édition de “l’Université dans les prisons”, organisée mercredi à la prison locale d’Errachidia, à l’initiative de la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR).

Lors de la séance d’ouverture de cette rencontre, qui s’est déroulée en présence notamment du Wali de la région Drâa-Tafilalet, gouverneur de la province d’Errachidia, Essaid Zniber, des représentants des autorités judiciaires, des chefs des services extérieurs, d’élus, de juristes et d’académiciens, l’accent a été mis sur le cadre juridique national et international des peines alternatives, le contexte de leur mise en œuvre ainsi que sur les rôles de l’établissement pénitentiaire dans le suivi et l’application optimale de ces peines.

Intervenant à cette occasion, le directeur de la prison locale d’Errachidia, Redouane Chtioui a indiqué que cet événement académique, placé sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI, offre un espace de dialogue scientifique et d’échange de points de vue et d’expériences autour de questions juridiques à vocation sociétale.

La DGAPR, à la faveur du programme “L’Université dans les prisons , ne cesse au fil des ans de braquer les projecteurs sur des sujets d’actualité et d’aborder les défis actuels, en favorisant des discussions scientifiques approfondies qui renforcent la réflexion collective tout en suivant le rythme des changements que connaît notre pays”, a-t-il dit.

Le choix du thème des peines alternatives pour cette édition découle, a-t-il poursuivi, de la conviction profonde de la Délégation générale quant à la nécessité d’une compréhension commune et solide des exigences de ces peines et de leur place prépondérante dans la politique pénale contemporaine où les peines alternatives ne signifient nullement une indulgence envers les criminels.

Il s’agit plutôt, insiste M. Chtitoui, d’une approche réformatrice qui concilie la rigueur de la loi et la compassion humaine, tout en s’attaquant aux causes profondes de la criminalité et offrant les moyens d’examiner le comportement du délinquant et de faciliter sa réinsertion sociale.

Dans ce sens, la loi 43.22 a apporté, a-t-il expliqué, un ensemble de peines alternatives, confirmant que la politique pénale contemporaine ne se limite pas à la punition coercitive, mais vise plutôt à restaurer l’équilibre social et à préserver la dignité humaine.

Il a, par ailleurs, relevé que la réussite du chantier des peines alternatives requiert l’implication de l’ensemble des acteurs et parties concernées dans le cadre d’une approche participative qui redéfinit les rôles et les responsabilités.

Pour sa part, le vice-doyen de la Faculté Polydisciplinaire d’Errachidia (FPE), chargé de la recherche scientifique et la coopération, Ahmed Baibi, a souligné l’importance cruciale que revêtent les peines alternatives dans la voie de la modernisation de la politique pénale marocaine.

“Plutôt qu’un choix purement technique, les peines alternatives reflètent une vision humaine moderne de la justice pénale qui fait de la peine un moyen de la réintégration et de réparation “, a-t-il dit.

Il a, de même, annoncé que la FPE prévoit l’organisation d’une série de colloques scientifiques portant sur la thématique des peines alternatives au niveau des différentes provinces relevant de la région Drâa-Tafilalet en coordination avec les parties concernées.

De son côté, la présidente de la Commission régionale des droits de l’Homme  (CRDH) de Drâa-Tafilalet, Fatima Aarache, a indiqué que le recours aux peines privatives de liberté à elles seules, a engendré plusieurs contraintes liées à la surpopulation carcérale, à la difficulté de réintégration des détenus dans la société outre le coût social et économique. Cela, a-t-elle poursuivi, a nécessité l’adoption de nouvelles approches basées sur la philosophie de réforme, de qualification et de réintégration d’où l’importance du recours aux peines alternatives.

Elle a, dans ce sens, rappelé que le Conseil national des droits de l’homme (CNDH) a publié en mai 2022 son avis qui comprend environ 50 recommandations prônant l’adoption des peines alternatives et l’élargissement de son champ d’application.

Au terme de cet évènement, des conventions de partenariat et de coopération ont été signées entre la Prison locale d’Errachidia et les départements de l’Artisanat et de l’Entraide Nationale portant sur les moyens de mise en œuvre des peines alternatives.

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