Fès: La célébration du 82ᵉ anniversaire du soulèvement du 31 janvier 1944, un devoir de mémoire nationale (El Ktiri)

Dpress
Le Haut-Commissaire aux anciens résistants et anciens membres de l’Armée de libération, M. Mustapha El Ktiri, a affirmé, vendredi à Fès, que la commémoration du 82ᵉ anniversaire du soulèvement du 31 janvier 1944 constitue une occasion de préserver la mémoire historique et de faire connaître les gloires et hauts faits nationaux.
Dans une déclaration à la MAP à l’occasion de la commémoration de cet anniversaire, M. El Ktiri a indiqué que la célébration de cet événement mémorable, considéré comme un fait historique générationnel et qualitatif à tous égards, dans les différents espaces historiques de la résistance et de la libération à travers le Royaume, au nombre de 108, s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI appelant à la préservation et à la valorisation de la mémoire historique nationale.
Il a précisé que la commémoration de cet anniversaire intervient aussi dans une démarche de sauvegarde de la mémoire historique et nationale, et d’inspiration des leçons, valeurs religieuses, spirituelles, nationales, morales, humaines et universelles qu’elle recèle, de manière à renforcer la conscience collective quant à l’importance de ce patrimoine historique dans la construction du présent et la projection de l’avenir.
Le Haut-Commissaire a souligné l’importance pour les générations actuelles et futures de tirer les enseignements et les leçons de ces événements historiques, de leurs déroulements et de leurs objectifs, afin de renforcer l’esprit national, l’amour de la patrie et la fierté d’appartenance nationale et à l’identité marocaine.
Dans une allocution prononcée à cette occasion, M. El Ktiri a indiqué que la commémoration de cet anniversaire, dont l’étincelle a jailli en soutien aux contenus du Manifeste de l’Indépendance et en dénonciation des réactions de la Résidence générale du Protectorat français visant les leaders du mouvement national et le peuple marocain dans toutes ses composantes, constitue une opportunité pour s’arrêter sur nombre d’événements historiques et d’épopées héroïques, les analyser et en dégager les profondes significations et enseignements.
Il a ajouté que la date du 11 janvier 1944 a constitué une étape militante majeure dans le parcours de la lutte nationale contre la présence coloniale et la domination étrangère, au cours de laquelle les pionniers du mouvement national, en harmonie et en coordination avec le Héros de la libération et de l’indépendance, feu SM Mohammed V, ont élaboré un document historique réclamant l’indépendance du Maroc, qui a bénéficié d’une large interaction et d’un soutien important de la part des différentes forces vives et sensibilités politiques du pays.
Il a poursuivi que, parmi les conséquences de ces positions fermes du Héros de la libération et de l’indépendance, l’occupant colonial a lancé une vaste campagne d’arrestations contre les dirigeants du mouvement national, les jetant dans les prisons et les camps de détention ou les contraignant à l’exil, en plus de l’éclatement d’affrontements sanglants entre manifestants et forces de l’ordre dans plusieurs villes, notamment Rabat, Salé, Fès et Azrou, durant les journées des 29, 30 et 31 janvier 1944, faisant des dizaines de martyrs et des centaines de blessés.
De son côté, le doyen de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines Saïss à Fès, M. Samir Bouzouita, a affirmé que les mosquées de Fès ont constitué, durant la période du Protectorat français, des bastions spirituels et culturels face à l’hégémonie coloniale, leur rôle ne se limitant pas au culte, mais s’étendant à la sensibilisation, à l’appel à la résistance et à la préservation de l’identité religieuse et nationale des Marocains.
Il a ajouté que les ouléma et les imams des mosquées de Fès, en tête desquels les ouléma et étudiants de l’Université Al Quaraouiyine, ont joué un rôle de premier plan lors des événements du 31 janvier 1944, en dénonçant l’arrestation des dirigeants du mouvement national et en participant à la campagne de revendication de l’indépendance.
Pour sa part, le doyen de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de l’Université Euro-Méditerranéenne de Fès, M. Abderrahmane Tankoul, a souligné que l’histoire de la résistance constitue l’un des registres les plus marquants des luttes des peuples pour la défense des valeurs de liberté, de souveraineté et d’indépendance, précisant que l’importance de ces registres ne réside pas dans le décompte des victimes, mais dans les leçons et enseignements qu’ils offrent pour la construction d’une mémoire capable d’éclairer l’avenir de la Nation.
Il a indiqué que l’importance de l’histoire réside dans l’établissement d’un lien étroit entre le passé, le présent et le futur, permettant de faire face aux défis du temps, appelant à lire les événements historiques non seulement sous un angle purement historique, mais aussi sous un angle philosophique, lié à la philosophie de l’histoire et à la philosophie politique, interrogeant le sens profond des événements révolutionnaires dans leurs prolongements lointains.
Quant au doyen de la Faculté de la Charia de Fès, M. Abdelmalek Aouich, il a insisté sur la nécessité de la création d’une encyclopédie dédiée à la résistance, englobant les événements, les causes, les figures emblématiques ainsi que les leçons et enseignements tirés des différentes épopées et hauts faits nationaux.
Il a également rappelé le rôle important joué par les ouléma d’Al Qaraouiyine et du Maroc en général dans l’accompagnement des événements nationaux et le soutien aux résistants face au colonisateur, soulignant leur contribution majeure au renforcement de la conscience nationale, à l’indépendance nationale et à la construction du Maroc contemporain à travers la formation des élites.
Pour le président du Conseil local des ouléma de Fès, M. Abdelhaq Belmajdoub, la commémoration de cet anniversaire constitue une occasion de tirer des enseignements notamment par les les jeunes générations, rappelant que la libération de la patrie et la récupération de la souveraineté nationale ont été réalisées grâce aux sacrifices d’hommes et de femmes dévoués.
Le programme de cette rencontre, à laquelle ont notamment pris part le wali de la région Fès-Meknès, gouverneur de la préfecture de Fès, Khalid Aït Taleb, ainsi que des élus et des représentants des autorités locales, a été ponctué d’un hommage à plusieurs anciens résistants et anciens membres de l’Armée de libération, ainsi que la remise d’aides financières au profit d’anciens résistants et des veuves de disparus.



