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Les agences de presse, des acteurs-clés de l’inclusion territoriale

Dpress

Les médias africains, plus particulièrement les agences de presse, ont une responsabilité stratégique en tant que producteurs d’une information de référence et acteurs-clés de l’inclusion territoriale, ont affirmé, mercredi à Marrakech, les participants à la 9e Assemblée générale de la Fédération Atlantique des Agences de Presse Africaines (FAAPA).

Lors d’un panel tenu sous le thème “Donner la parole aux territoires : le rôle des médias dans la construction d’une Afrique inclusive”, les intervenants ont mis en avant le rôle sans cesse croissant des agences de presse dans la valorisation des dynamiques territoriales à l’échelle continentale, la mise en visibilité des zones éloignées ou marginalisées et la construction d’un récit de proximité rendant compte de la dynamique de développement local.

La rencontre a été l’occasion également de formuler des propositions pour encourager la coopération entre agences, stimuler la production éditoriale locale et renforcer les capacités des journalistes à couvrir les enjeux de développement territorial.

Dans ce sens, le directeur général de l’Agence ivoirienne de presse, Fausseni Dembélé, a relevé que l’inclusion territoriale ne se résume pas uniquement à l’intégration sociale ou économique, mais aussi une “inclusion symbolique, narrative et médiatique”, relevant que le renforcement de la représentation médiatique des territoires périphériques suppose des choix éditoriaux clairs et assumés et implique la sortie d’une logique de centralisation excessive et le renforcement des réseaux de correspondants régionaux.

L’inclusion médiatique est un puissant levier de cohésion sociale, de stabilité et de confiance citoyenne, a-t-il soutenu, estimant qu’à l’inverse, l’invisibilité médiatique nourrit la marginalisation, l’incompréhension et parfois la défiance envers les institutions.

“Donner la parole au territoire n’est donc pas seulement une exigence professionnelle, mais un engagement citoyen et démocratique, permettant à l’Afrique de reprendre la maîtrise de son récit, de raconter elle-même ses réalités, ses défis, mais aussi ses réussites avec ses propres moyens”, a-t-il noté.

Pour sa part, Ali Muhammad Ali, directeur général de l’Agence de presse du Nigeria, a mis l’accent sur la responsabilité des médias africains dans la construction d’un narratif juste, équilibré et fidèle aux réalités du continent, mettant en avant le rôle de la FAAPA et la MAP dans la promotion d’un récit proprement africain et d’une information de proximité.

Il a estimé que l’Afrique souffre encore d’une image largement façonnée de l’extérieur, appelant les agences de presse africaines à jouer pleinement leur rôle pour changer cette narration dominante et mettre en avant les dynamiques locales, les réussites, les innovations et les potentialités des territoires.

A cet égard, il a plaidé pour le renforcement d’une coopération accrue entre les agences africaines, soulignant que donner la parole aux territoires, c’est aussi permettre aux populations locales de raconter leurs propres histoires, de valoriser leurs identités et de contribuer à la construction d’une Afrique plus inclusive, fondée sur la diversité, la proximité et la souveraineté médiatique.

De son côté, la directrice de l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA), Lamiae Ghaouti, a souligné que le continent africain fait aujourd’hui face à un cumul inédit de défis, notamment la raréfaction des ressources naturelles, les effets du changement climatique et les incertitudes géopolitiques, autant de facteurs qui rendent plus complexes les équations de développement, exigeant une mobilisation collective et structurée.

Elle a expliqué que, dans un contexte contraignant marqué par des ressources limitées, la nécessité de produire mieux, durablement, tout en garantissant la souveraineté et la sécurité alimentaires, s’impose comme une priorité stratégique.

Dans cette équation complexe, a-t-elle relevé, la recherche et le développement constituent le seul facteur ouvert et à horizon illimité, représentant une véritable opportunité pour l’avenir, d’autant plus qu’ils doivent être accompagnés par des médias spécialisés en mesure de valoriser la connaissance scientifique, de vulgariser les enjeux agricoles et climatiques et de renforcer le lien entre chercheurs, décideurs et citoyens africains.

Quant au président de l’Observatoire national du développement humain (ONDH), Otmane Gair, il a mis l’accent sur l’importance de l’inclusion du citoyen à la fois dans l’élaboration et l’évaluation des politiques publiques, faisant remarquer que le Maroc a inscrit la démocratie participative comme principe constitutionnel fondamental.

Il a insisté, à cet égard, sur l’importance de mieux appréhender la perception, les attentes et le niveau de satisfaction des citoyens en tant que condition sine qua non pour assurer leur adhésion active à la conception des politiques publiques.

De même, M. Gair a rappelé que le Maroc a connu durant les dernières années une “éclosion” des flux d’informations qui doivent être collectées et centralisées dans des systèmes efficaces, capables de fournir aux responsables régionaux des données pertinentes leur permettant de prendre des décisions avérées, tout en les actualisant en vue de mieux les exploiter.

Dans le même sillage, Frédéric Coconier, Journaliste et réalisateur a souligné que “tout territoire est avant tout un récit” d’où le rôle capital des médias dans la mise en visibilité de la réalité locale.

Il a expliqué que raconter un territoire ne se limite pas à en décrire la géographie, mais consiste à révéler ses voix, ses mémoires, ses cultures et ses trajectoires humaines, rappelant que les médias ont la responsabilité de construire des récits justes et judicieux, à même de donner du sens aux réalités locales.

La 9e Assemblée générale de la FAAPA réunit les Directeurs Généraux des agences de presse africaines membres, aux côtés d’experts, chercheurs, responsables et décideurs institutionnels, pour réfléchir aux actions que peuvent mener les médias en vue d’accompagner les transformations du Continent et de contribuer à un développement plus équilibré, plus équitable et pleinement ancré dans les territoires.

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