Le recyclage et la circularité des matériaux plastiques en débat à Rabat

Dpress
Le collège Ingénierie Transfert et Innovation Technologique relevant de l’Académie Hassan II des Sciences et Techniques a organisé, jeudi à Rabat, un séminaire de réflexion et de coordination scientifique sous le thème “recyclage et circularité des matériaux plastiques”.
Le séminaire se propose d’analyser en profondeur les défis actuels liés aux limites techniques des recyclages mécanique et chimique, tout en mettant en lumière l’importance de l’éco-conception dans les processus de production.
S’exprimant à l’ouverture du séminaire, le Secrétaire perpétuel de l’Académie Hassan II des Sciences et Techniques, Omar Fassi Fihri, a indiqué que le plastique est l’un des matériaux les plus utilisés au monde. Léger, résistant, peu coûteux, il a profondément transformé nos modes de vie.
Pourtant, ce même matériau est aujourd’hui au cœur d’une crise environnementale majeure, qui se manifeste dans des millions de tonnes de déchets plastiques dans les océans, les sols et les écosystèmes, mettant en danger la biodiversité et la santé humaine et animale, a-t-il expliqué.
Face à cette réalité, le recyclage et la circularité des matériaux plastiques ne sont plus des options, ce sont des impératifs, a affirmé M. Fassi Fihri, soulignant que le recyclage consiste à collecter, trier et transformer les déchets plastiques afin de les réintroduire dans le cycle de production.
Il permet également de réduire la quantité de déchets, d’économiser les ressources notamment le pétrole, et de diminuer les émissions de gaz à effet de serre liées à la fabrication de plastique vierge, a-t-il ajouté.
Sur le plan technologique, le recyclage chimique et enzymatique permet aujourd’hui de décomposer certains plastiques jusqu’à leurs molécules de base, pour produire des matériaux de qualité équivalente au plastique vierge, a fait savoir M. Fassi Fihri, notant que ce processus marque un tournant important vers une véritable économie circulaire, où le déchet devient une ressource.
Le secrétaire perpétuel de l’Académie Hassan II des Sciences et Techniques, s’est également penché sur les politiques publiques et les normes internationales qui encouragent l’utilisation de matières recyclées accélérant ainsi la transition vers des modèles plus durables.
Pour sa part, le professeur émérite des universités à l’Institut National des Sciences Appliquées de Lyon et membre résident de l’Académie Hassan II des Sciences et Techniques, Maazouz Abderrahim, a affirmé dans une déclaration à la MAP que ce conclave examine le fléau des matières plastiques qui impacte la société et le concept du recyclage pour atténuer des inconvénients de ce fléau.
Il faut consommer les produits plastiques avec modération pour minimiser l’impact carbone sur la société, a indiqué M. Maazouz, expliquant qu’un pays non pétrolier comme le Maroc ne pourrait que bénéficier du recyclage des matières plastiques issues de produits pétrosourcés.
S’agissant du concept de circularité, il concerne aussi bien les sciences humaines que les sciences, que la technologie, a-t-il expliqué, notant que l’objectif de ce séminaire est de rassembler des industriels, des universitaires, des étudiants pour les sensibiliser à ce fléau.
Les travaux de cette journée ont été sanctionnés par une table ronde finale dédiée à l’élaboration d’une feuille de route opérationnelle, contenant des recommandations stratégiques pour instaurer une économie circulaire pérenne au Maroc, en s’appuyant sur un partenariat renforcé entre le monde de la recherche et le tissu productif
Le séminaire propose d’examiner divers sous-thèmes, notamment les enjeux réglementaires, les différentes voies de valorisation y compris celles des déchets, les filières stratégiques pour le Maroc, et les innovations adaptées au contexte local.
Les débats s’étendent également aux filières de recyclage prioritaires pour le Royaume et aux modalités de renforcement de la collaboration entre la recherche industrielle et la formation professionnelle.
Cet événement majeur ambitionne de structurer la communauté scientifique marocaine tout en favorisant un dialogue direct entre les chercheurs, les industriels et les institutions publiques pour le développement d’une vision systémique du secteur.



